En accueillant l’Incarnation, beaucoup rêvent un Dieu qui serait seulement un homme, trop perdent l’effroi que provoque la transcendance : « éloigne-toi de moi ! » (Lc 5,11). Dans le désert, le peuple hébreu l’éprouvait déjà : « pourquoi mourir, dévorés par ce grand feu ? Si nous continuons à entendre la voix du Seigneur notre Dieu, nous allons mourir ! » (Dt 5,25) L’amour à l’état pur est insupportable pour la nature humaine.

Dieu en a convenu : « Va leur dire : “Retournez à vos tentes !” » (Dt 5,30). Lui seul peut réaliser le prodige de notre acclimatation à la grâce ; il se fait parole à méditer, livre à mâcher, pain et vin à consommer.

Joseph n’a rien en commun avec Aaron et les artisans qui ont fabriqué l’idole d’or. Il n’est pas non plus comme Moïse qui fit boire l’or pur pour enseigner comment on accueille Dieu. Il a préparé le bon pain qu’est l’enfant Jésus. Dans le Temple, il a élevé le Pain vers le Ciel et il a prononcé la bénédiction. Saint Joseph désigne qui est Dieu, mais il ne l’apporte pas, il ne le donne pas à manger. Son travail était de présenter à Jésus son calice, d’assembler la Croix dans son atelier. En préparant le sacrifice, saint Joseph rend Dieu consommable.