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Artisanat monastique

« Ceux-là, laissez-les partir »

Au jour de la Passion, le Seigneur voit la défection de ses apôtres avec tendresse. Qu’ils partent, dit-il, car, en vérité, ils n’étaient pas capables de le suivre. Non qu’ils ne pussent affronter la mort – ils seraient mort pour Jésus – Mais qu’il leur était inconcevable que le Messie fût l’Agneau livré.

Le cœur de Pierre fut le théâtre du coup de grâce et de la conversion exemplaire. Le regard de Jésus l’emporta sur toutes les résistances de l’orgueil, surgirent au cœur de l’apôtre la joie et la douleur, jaillirent à ses yeux les larmes de la libération. Sous pression de la tendresse envahissante du Christ, l’apôtre de feu et de tonnerre capitula. Désarmé, pour toujours, il vivait enfin. Il comprenait. Le jugement qui est l’Agneau prenant sur lui notre condamnation, Dieu se livrant en réponse à la trahison, la tendresse infinie en réponse au mal commis, de sorte que l’homme se juge lui-même suivant qu’il accueille le regard de Jésus ou qu’il s’endurcit sous la pression de la douceur insupportable pour l’orgueil.

Nous sommes pécheurs, voilà toute l’histoire et la profondeur du drame. Le regard de Jésus ne nous évalue pas – nous sommes néant. Il est appliqué là pour faire fondre l’orgueil. Tout le drame de la vie chrétienne – et donc du chemin de sainteté – est d’accepter d’être désarmé comme Christ au Golgotha. Jésus est attiré par les cœurs brisés et broyés, il est venu les chercher – et même : il les fabrique par son regard d’amour ! Le Christ prenant sur lui notre condamnation, le Christ doux et humble avec le cœur durci à l’orgueil, le Christ pardonnant le pécheur. Cela désarme le cœur. C’est ce qu’il fait. L’amour est désarmant et envahissant.

La joie de Noël c’est Pierre qui s’effondre en pleurant, ce ne sont pas ceux qui gémissent « Seigneur ! Seigneur ! ». La joie de l’épiphanie c’est le centurion qui s’exclame « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu ! » (Mc 15,39). Or, à Noël, comme à l’épiphanie, saint Joseph est un guide indispensable. Nul ne suivra Jésus et Marie au cœur du mystère de la Passion et de la Résurrection s’il ne prend saint Joseph pour initiateur.

« Ceux-là, laissez-les partir » (Jn 18,8), dit Jésus, car ils ne sont pas encore désarmés. Partir, mais où ? À la crèche. Partir, mais par où ? Suivez l’étoile. Là, attend un bébé proprement désarmant. Qui ne capitulerait devant un nourrisson qui balbutie ?

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