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Pensée 287

Saint Joseph est le père de Jésus. L’expression est juste puisque la Vierge Marie le désigne ainsi à son fils (cf. Lc 2,48). Cependant, l’évangile n’accorde jamais ce titre au saint patriarche. Devrions-nous interpréter cette réserve comme une réticence ?

Remarquons que, dans les récits bibliques, Dieu lui-même ne se présente pas comme père. Ni à Abraham, ni à Moïse, ni à Élie, ni même à Israël, Dieu ne dit jamais : « je suis ton père ». Il attend de ses enfants d’être reconnu en sa paternité : « Il me dira : “Tu es mon Père, mon Dieu” » (Ps 88,27). À Jésus non plus, Dieu ne dit jamais qu’il est père. Au contraire, le fils aîné nous invite à reconnaître la paternité de Dieu : « je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » (Jn 20,17).

Le Seigneur enseigne par ses paraboles que le Père attend notre reconnaissance. Il est cet « homme [qui] avait deux fils » (Mt 21,28). Il n’est appelé « père » que lorsque le fils aîné se détourne de son endurcissement et entre pleinement dans la relation filiale (cf. Mt 21,30). Ainsi, il revient au « premier-né d’une multitude de frères » (Rm 8,28) de montrer le cœur de la vie filiale : « Père, entre tes mains je remets mon esprit » (Lc 23,46). Cette révélation se poursuit et s’accomplit dans le don l’Esprit qui vient à notre aide et crie en nous « “ Abba ! ”, c’est-à-dire : Père ! » (Ga 4,6).

Certes, dans l’Évangile, saint Joseph n’est jamais désigné comme « père ». Il le fut pourtant, par Jésus lui-même, tant il est vrai qu’il revient au fils de choisir et d’entrer dans la paternité offerte. L’époux de Marie est appelé « père » par de nombreux saints, car, en vérité, quiconque a l’Église pour mère est invité par elle à choisir saint Joseph pour père.

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