Pensée 280

L’internet est peut-être une bonne image de notre idée du savoir : ressource infinie et universelle permettant de répondre à toute question, voire de résoudre tout problème. Aujourd’hui, l’éducation est souvent réduite à une transmission de savoir et les sciences à l’organisation d’un ensemble de données. Dans ce contexte, saint Joseph ne semble guère crédible, on imagine mal qu’il en sache « plus » que son fils.

La tradition biblique est cependant fondée sur l’inscription dans une verticalité, généalogique autant que transcendante. L’Évangile s’ouvre à son lecteur comme le « Livre des origines de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham » (Mt 1,1) et raconte « Jésus Christ Fils de Dieu » (Mc 1,1). En outre, l’enseignement du Seigneur ne consiste pas en la transmission d’un ensemble de données concernant la vie éternelle et les moyens d’y parvenir. Jésus raconte, il interroge, il provoque au dialogue, tant il est vrai qu’on pense par les autres et en réaction aux sollicitations des autres. Enfin, depuis les profondeurs de la Genèse jusqu’en l’atelier de Nazareth, l’enfant interroge le père, le disciple interroge le maître, montrant que le savoir du maître a moins d’importance que l’inscription de ce savoir dans une expérience familiale.

À l’horizon des récits évangéliques, saint Joseph apparaît alors comme maître de sagesse, parce qu’avant tout il est fils et parce qu’il est père. Qui scrute la maison de Joseph en recherche des clés de sa sagesse, saisit un rai d’espérance : la sagesse de Joseph, c’est Jésus.

Précédent

Suivant