Quand on envisage la relation entre Jésus et Joseph, de révérencieuses résistances subsistent : Jésus étant Dieu, n’a-t-il pas, par convenance, joué le jeu de l’ignorance ? Qu’avait donc saint Joseph à enseigner la Sagesse incarnée ?

Réfléchir de cette manière est méconnaître le mystère de l’Incarnation. Dieu s’est fait homme, vraiment homme. Le Verbe incarné est né d’une femme, notre sœur en humanité (cf. Ga 4,4). Il prend son Incarnation tellement au sérieux qu’il a renoncé à connaître ce que nous ignorons de la fin de temps : « Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père. » (Mc 13,32) Pour être l’un des nôtres, il a tout déposé (cf. Phi 2,6) et n’a vécu, jusqu’à son dernier soupir, que dans la confiance placée en Dieu le Père : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » (Lc 23,46)

Cependant, « il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. » (Jn 1,11) Saint Pierre insiste sur l’horreur de ce rejet : « Vous avez renié le Saint et le Juste, et vous avez demandé qu’on vous accorde la grâce d’un meurtrier. » (Ac 3,14) Ainsi, la première chose que Joseph apprit à Jésus, la plus essentielle peut-être, est qu’il existait un homme disposé à lui ouvrir sa maison et son cœur (cf. Mt 1,20).