« Je suis bien sûre que si saint Pierre avait dit humblement à Jésus : ‹ Accordez-moi je vous en prie, la force de vous suivre jusqu’à la mort ›, il l’aurait eue aussitôt. » (Derniers Entretiens, 7 août 1897)

Qu’a-t-il manqué au grand saint Pierre que la petite sainte Thérèse avait perçu ? À l’heure de la passion, le premier des apôtres était mu par un amour admirable (cf. Lc 22,33) mais vicié de l’orgueil fatal qui fait compter sur soi plutôt que sur Dieu.

Considérant la difficulté d’une authentique vie chrétienne, les grandes âmes, comme celle de Simon-Pierre, peuvent en effet céder à l’illusion engendrée par la radicalité de leur engagement – elles connaissent ensuite la chute du reniement. Pour nous, pauvres et fragiles, l’orgueilleuse assurance des facultés se trahit par l’accablement d’un profond découragement. L’âme constate que les exigences de l’amour ne sont pas à sa portée et estime qu’elle en sera exclue.

Il existe cependant une issue, une petite voie : sainte Thérèse a perçu, comme une évidence, la tendresse du Cœur de Jésus pour les âmes petites et pauvres. Elle propose d’ouvrir nos cœurs et nos intelligences à la tendresse de Dieu qui nous envahira d’une force telle qu’elle sanctifie. Malgré les impuretés et les imperfections, le Bien-aimé est suffisamment présent pour qu’il n’y ait plus qu’à lui faire plaisir. Percevoir la tendresse de Dieu est la règle de vie des petites âmes amies de sainte Thérèse.

Où trouver un exemple de la tendresse de Dieu qui stimule notre désir et oriente nos efforts, sinon en notre père saint Joseph ? Des trois membres de la Sainte Famille, il est le plus petit et le plus imparfait. C’est donc dans ses bras que l’enfant Jésus témoigne le mieux de l’ardente tendresse dont il désire nous consumer. Saint Joseph est l’homme de l’effacement, il n’a jamais rien vécu qui ne soit donné par Dieu : des décisions aussi légitimes et naturelles que prendre chez lui son épouse (cf. Mt 1,20) ou voir grandir son fils dans sa maison (cf. Lc 2,51) ont essentiellement été des actes divins. Au quotidien, il revint à Joseph d’accueillir la présence de Dieu et d’œuvrer à son bonheur. Joseph a su rendre Jésus heureux.

Contemplons Jésus auprès de saint Joseph, révélant la tendresse de son Cœur, invitant à accueillir sa présence.