La foi d’Abraham est exemplaire parce qu’il a su « espérer contre toute espérance. » (Rm 4,18)

À nos esprits enchantés par d’abondantes louanges à la miséricorde (parfois jusqu’à des excès étrangers à l’amour de Dieu), la confiance en Dieu paraît spontanée, le combat de la petite Thérèse contre la peur semble d’un autre âge. Assurément, Dieu s’est fait proche en Jésus-Christ, il n’y a rien à redouter de lui. Mais de nous ? L’orgueil nous tient à la peau. L’orgueil d’un Pranzini résistant volontairement au Saint-Esprit est certainement redoutable — Dieu nous garde d’une telle disposition intérieure —, mais sainte Thérèse a découvert qu’une âme en état de grâce peut aussi s’opposer à la miséricorde, plaçant, par un orgueil secret, une limite à ce qu’elle peut espérer de Dieu. Or, il est demandé à toute âme d’« espérer contre toute espérance », de croire au point d’être rendue juste, tant il est vrai que la miséricorde n’est pas un blanc-seing pour la médiocrité mais un agent sanctifiant.

Comment débusquer ce péché inconscient ? Saint Joseph apporte une incomparable réponse. Recevant les deux trésors le plus précieux au cœur de Dieu, le saint patriarche s’est abandonné à l’inquiétude de l’amour. Il n’a jamais laissé son cœur au repos trompeur de l’autosatisfaction. Chaque instant, chaque souffle, était tendu vers le Ciel comme une prière de ne jamais déplaire en rien à Jésus et à Marie. Son cœur brûlant traquait la moindre indélicatesse, il accueillait les plus fines sollicitations de l’Esprit, tant et si bien qu’il finit par vivre l’union des cœurs qui rend Dieu tout puissant dans les âmes. Devenu incapable de rien refuser à Dieu, il ne vivait que par la miséricorde.

Saint Joseph, ouvre nos cœurs à l’amour et à l’esprit filial qui consument ton âme.