« Il en va du Royaume des Cieux comme d’un maître de maison. » (Mt 20,1)

La Bible latine appelle ce « maître de maison » le « pater familias ». Le Royaume des Cieux est ainsi l’histoire d’un père de famille se levant au point du jour, à l’heure où les hommes sortent, inquiets de gagner le pain quotidien.

Qui est ce père de famille ? Il apparaît ailleurs dans l’évangile : il est l’homme avisé, capable de tirer « de son trésor du neuf et de l’ancien » (Mt 13,52), il est aussi celui à qui Jésus fera demander : « où est la salle où je pourrai manger la pâque avec mes disciples ? » (Lc 22,11 ; Mc 14,14). Quel est l’homme juste, gardien de la maison où Jésus veut rompre le pain, sinon Joseph, son père ? Ainsi, Jésus témoigne que, à l’époque où il voyait son père sortir au petit matin, il a contemplé le Royaume des Cieux en construction.

Dès lors, comme le propriétaire de la parabole dont il est le modèle, Joseph ne partait pas pour lui-même seulement, mais pour que tous les hommes connaissent la joie de travailler à l’avènement du Royaume. Avec les désœuvrés de la onzième heure, il se désolait : « Vous vous tenez là toute la journée sans travail ? » (Mt 20,6). Pourtant ce travail est de si grande importance ! « Allez, vous aussi, à ma vigne ! » (Mt 20,4.7), allez à ma vigne qui est mon fils, allez à la vigne qui est le Christ (cf. Jn 15,1.5).

Saint Joseph, rejoins-nous sur les places de nos désespérances, emporte-nous à la vigne du Seigneur !