Jésus regardait Joseph prier et il apprenait. Joseph contemplait Jésus prier et il comprenait.

Que nous manque-t-il pour prier comme les saints ? D’être pris aux entrailles par l’horreur du péché, par notre impuissance à nous sauver nous-mêmes et par la confiance que Dieu libère. Alors peut naître la prière authentique, celle qu’enseigne le publicain : « Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis ! » (Lc 18,13) Seule cette prière est vraie, parce qu’elle accomplit la volonté de Dieu de nous sauver à notre demande. Cette supplique plaît à Dieu parce qu’elle sollicite ce qu’il y a de plus humain en nous et parce qu’elle nous fait porte-parole de tous nos frères. « Mon Dieu, ma miséricorde, que vont devenir les pécheurs ? », criait saint Dominique.

La prière de saint Joseph est plus bouleversante encore parce qu’elle demande les fruits de la Croix que son tendre fils n’a pas encore portée. Quand Joseph prie Jésus de nous sauver, son cœur de père est bouleversé par l’horizon sombre de la Passion. Sa manière d’appeler le salut lui fait habiter le cri de David son père : « Mon fils, que ne suis-je mort à ta place ? » (2S 18,33) David pleurait sur un fils révolté, Joseph pleure sur le fils obéissant. David pleurait le fruit amer d’une guerre qu’il n’avait pas menée, Joseph pleure le fils que par sa prière de sauver le monde, il envoie au combat de Gethsémani et du Golgotha.

Saint Joseph découvre ainsi qu’on ne peut demander le salut sans désirer s’unir au sacrifice de l’Agneau.