Étrange et tenace illusion que celle de contrôler sa vie. Nous investissons tant pour nous distraire de cette réalité élémentaire : notre vie ne nous appartient pas ! Qu’advienne un accident, qu’arrive le temps de la souffrance, et notre insupportable indigence s’impose à nos esprits désenchantés.

Mais voici le temps de l’Avent. Il rappelle que la vie spirituelle s’entreprend comme une veille. Or quel contrôle a-t-on sur les événements en attendant un ami ? On dépend de lui, des circonstances de son voyage, de la manière dont il envisage sa venue. L’exercice n’est pas facile, il n’est pas qu’une question de patience, il est aussi un exercice d’humilité et d’imagination. L’attente est le temps où se préparent discrètement les délicatesses de la rencontre.

L’Avent est un abandon au bon vouloir de l’Autre, le choix joyeux de la dépendance, l’ouverture du cœur à la Parole et au Silence. Le Silence que confectionnent Marie et Joseph. Joseph silencieux et Marie en silence. Et Jésus au milieu, tout heureux d’être ainsi attendu.