On imagine l’homme accompli tel un monument achevé. Dans nos esprits, il tient du héros ayant connu la mort de si près que les vivants lui attribuent un statut particulier, il vient en vainqueur dont les exploits suscitent peur et respect, il arbore des cicatrices attestant de son courage dans la souffrance et de sa résistance à l’agression.

Le Christ ressuscité, l’homme nouveau, au contraire, n’est pas valorisé par des cicatrices. Ses blessures béantes le font reconnaître, le nouvel Adam est ouvert à la plénitude de l’amour.

Saint Joseph n’eut pas à affronter l’antique Serpent, mais l’époux de la nouvelle Ève est aussi une figure adamique, un homme blessé en attente d’une plénitude plus grande. Saint Joseph porte bien son nom : il est l’homme en augmentation, le fils en croissance, Dieu grandissant en l’homme. Il est un homme accompli parce qu’il demeure ouvert à l’œuvre du Père et y participe. Il est un homme épanoui parce qu’il fait grande en lui la part de Dieu. Saint Joseph enseigne que le temps de pascal est un Avent remettant en question tout ce qu’on savait pour accueillir celui qu’on ne connaît pas : l’Emmanuel, présence de Dieu parmi les hommes, l’Esprit Saint, présence de Dieu en l’homme.