« Le peuple qui marchait dans les ténèbres… » (Is 9,1)

Adam, par qui le jour tomba ; Cham qui humilia son père ; Térah qui étouffa ses fils ; Abraham, père du peuple des étoiles ; Isaac, l’enfant du rire ; Jacob, le combattant du crépuscule ; Yaël et son pot de lait ; le roi Salomon et la reine de Saba, unis par l’amour de la Sagesse ; Booz aux gerbes généreuses, pour toujours endormi ; Esther, la fleur étoilée ; Rahab, au ruban écarlate ; Israël et ses fils, constellation de bénédictions ; Ruth, effleurant la nuit de son pied léger ; David, étoile royale séduite par une beauté obscure ; Moïse, marchant au pas de la nuée flamboyante ; Jérémie, tempêtant et récalcitrant ; Jonas, éperdu dans le gouffre marin ; Rachel, la gorge et le cœur déchirés ; Léa, aux yeux tendres et tristes ; Penina, enlaidie de jalousies ; Amos, le bouvier nostalgique de Teqoa ; Josias, le cœur pur transpercé par Pharaon ; Samuel, revenant d’entre les morts ; Élie échappé de la mort sur un char glorieux ; Anne, chantant éternellement le cantique d’action de grâce ; Samson, l’homme de feu ; Sidrach, Misach et Abdénago glorifiant Dieu dans la fournaise ; Isaïe avec le bœuf et l’âne gris…

Plus on était attentif, plus on en reconnaissait. La longue colonne des habitants du pays de l’ombre processionnait derrière le fils de David, saint Joseph, devant qui s’inclinent la lune et les étoiles, à qui vient le pain du ciel parmi les gerbes prosternées. Voici Joseph, le dernier soleil, étincelant d’un unique désir : les conduire à l’Aube nouvelle, à l’Enfant roi.