À la magie1, sous ses deux formes, est liée la divination : une pratique qui, au sens strict, constitue une tentative de vouloir prédire l’avenir à partir de signes tirés du monde de la nature, ou en se servant de l’interprétation de présages ou de sorts d’origine diverse ; en un sens plus large, souvent parmi les gens les plus simples, elle représente un mélange de crédulité et d’intentions ingénues visant à connaître par avance, à l’aide de moyens ou arts particuliers, quelque fait qui surviendra. Font partie de la divination, – l’astrologie : prétendre cerner l’avenir libre des hommes dans les astres ou l’ordonnancement des étoiles ; – la cartomancie : se faire prédire l’avenir par les cartes, les « tarots »), la chiromancie (déchiffrement des lignes de la main, et des formes semblables. – La pire expression de la divination, et la plus grave, est la nécromancie ou spiritisme, c’est-à-dire le recours aux esprits des morts pour entrer en contact avec eux et dévoiler l’avenir ou un de ses aspects. Les séances de spiritisme appartiennent à ce genre de magie. Au cours de ces séances, les participants et les médiums (édition moderne des anciens nécromanciens) s’efforcent d’invoquer les âmes des défunts (par exemple, de soi-disant enregistrements de voix d’outre-tombe) : en réalité ils introduisent une forme d’aliénation par rapport au présent et font une mystification de la foi dans l’au-delà, généralement par des truquages, agissant de fait comme des instruments de forces du mal qui s’en servent souvent à des fins destructrices, destinées à confondre l’homme et à l’éloigner de Dieu. En interaction avec ces différents types de divination, nous trouvons des groupes ésotériques et occultistes d’origine ancienne ou nés récemment (de la théosophie à l’anthroposophie, jusqu’au Nouvel Âge), qui prétendent « ouvrir une porte » pour faire entrer dans la connaissance de vérités cachées et acquérir des pouvoirs spirituels spéciaux. De tels groupes engendrent un grand désarroi dans l’esprit des gens, spécialement des jeunes, et conduisent à des comportements extrêmement discutables et graves du point de vue chrétien. On ne peut pas non plus oublier ce grand mouvement à la fois initiatique et magique qu’est la maçonnerie, au moins chez certains de ses groupes et dans des formes qui en découlent. Dans la plus grande partie des cas, il s’agit d’une réédition des cultes gnostiques qui proposent à nouveau l’ancienne idée de magie comme volonté de puissance visant à mettre les forces occultes (bonnes ou mauvaises), que l’on pense être à l’œuvre dans le monde, à son propre service. Ces groupes se présentent comme des « chemins de salut » (d’où leur caractère secret, les rituels mis en acte et le recours à la figure d’un leader doté de pouvoirs exceptionnels), parfois en employant le nom même de Jésus-Christ ou en recourant à des rites qui se voudraient « sacramentels ». Il est évident que l’on ne peut accepter ces groupes et leurs pratiques. À la place du sentiment religieux, de la des pratiques magiques, des systèmes de pensée et de vie qui sont totalement incompatibles avec la vérité de la foi. On rencontre même des groupes où ont lieu des abus de caractère sexuel, avec des conséquences préoccupantes pour les personnes impliquées, que ce soit au niveau moral ou psychique. Nous ne cesserons jamais de mettre en garde les fidèles contre le danger de ces sectes et de leurs erreurs, en redisant l’invitation de Paul à Timothée : « Un temps viendra où l’on ne supportera plus l’enseignement solide ; mais, au gré de leur caprice, les gens iront chercher une foule de maîtres pour calmer leur démangeaison d’entendre du nouveau » (2 Tm 4, 3- 4), ou le rappel de Jean : « Ne croyez pas n’importe quel inspiré, mais examinez les inspirations pour voir si elles viennent de Dieu, car beaucoup de faux prophètes se sont répandus dans le monde » (1 Jn 4, 1). La connaissance intégrale de l’Évangile et la rencontre vécue avec le Christ dans l’Église, son Épouse, représentent le meilleur antidote à ces formes de néo-paganisme. Il faut cependant que les croyants soient convenablement évangélisés quant aux fondements de la foi dans le Seigneur ressuscité, l’accueil de sa Parole et de ses sacrements, l’expérience authentique de la prière et de la vie ecclésiale.
Notes :
  1. Lettre pastorale : Magie et démonologie, DC 2104(1994)988-998 [retour]