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Le beau berger

La figure du berger bénéficie d’une longue postérité biblique. « Abel le juste » (Mt 23,35), fut le berger dont l’offrande plaisait à Dieu (cf. Gn 4,2-4). Qu’elle était belle sa louange ! Jacob, père des patriarches, était un berger vigilant qui payait de sa personne et de sa poche pour son troupeau, répondant généreusement de chacun de ses bêtes devant Laban, leur propriétaire (cf. Gn 31,38-41). Comme il travailla dur, comme il était endurant à la souffrance ! Moïse fut berger également. C’est alors qu’il veillait sur le troupeau que le buisson ardent attira son attention (cf. Ex 3,1-2). Comme sa vie spirituelle était intense, lui qui fut ravi dans la montagne pendant quarante jours ! David, fils de Jessé de Bethléem, le petit à qui on ne pense pas (cf. 1S 16,11), était un berger au cœur de brave, affrontant le lion et l’ours pour leur reprendre un agneau emporté (1S 17,34-36). C’est ainsi qu’il plut à Dieu de l’appeler pour l’onction royale : « Il choisit David son serviteur ; il le prend dans les parcs à moutons » (Ps 77,70). Comme il était un guerrier valeureux, un digne représentant de Dieu parmi les siens !

Et, à l’accomplissement des temps (cf. Ga 4,4), voici le beau berger, voici Joseph le juste, dont l’offrande s’élevait en agréable odeur, dont le dur labeur participait au salut du monde, dont la vie spirituelle lui fit tutoyer Dieu chaque jour, dont leur cœur intrépide lui fit affronter de grands dangers au service du Seigneur ; voici saint Joseph, berger de l’Agneau.

Comment l’époux de Marie parvint-il à récapituler tant de perfections de ses prestigieux ancêtres ? Brebis fidèle, il demeura à l’écoute, il se laissa mener par Dieu : « Berger d’Israël, écoute, toi qui conduis Joseph, ton troupeau » (Ps 79,2). En sa mission paternelle, saint Joseph n’avait d’attention que pour son fils, dont il accueillait pourtant les soins fidèles et la grâce, selon ce qu’avait annoncé le Seigneur : « Jusqu’à votre vieillesse, moi, Je suis ; jusqu’à vos cheveux blancs, je vous soutiendrai. Moi, j’ai agi, c’est moi qui porterai, moi qui soutiendrai et délivrerai » (Is 46,4).

Intrigante relation que celle de Jésus et de Joseph, du fils qui prenait exemple sur son père et du père qui ressemblait à son fils ? C’est que pour entrer dans la Sainte Famille, il nous faut raisonner autrement, il convient de revêtir la simplicité de Dieu et la richesse de la Sainte Trinité. En effet, le Berger est l’Agneau, le Prêtre est la Victime, le Seigneur est le Serviteur. Et saint Joseph est celui qui lui ressemble le mieux. C’est ainsi que le jeune Jésus, admirant son père, put se reconnaître en lui et s’écrier : « Le beau berger, c’est moi ! » (Jn 10,11).

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