Le Seigneur Jésus a souvent exprimé sa nostalgie du sein du Père où il vit caché, de toute éternité (cf. Jn 17,5). Dès l’enfance, Jésus dévoile à ses parents son désir fondamental : « il me faut être chez mon Père » (Lc 2,49). Au matin de la résurrection, il avoue son impatience à Marie-Madeleine : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père » (Jn 20,17). Ce faisant, Jésus invite ses confidents à faire évoluer leur relation avec lui. Aux yeux de Marie et de Joseph, leur fils doit être l’Envoyé du Père à tous les hommes ; Marie-Madeleine et les disciples doivent accueillir l’irruption de la gloire qui transfigure tout.

La relation n’est cependant pas rompue. Lorsque Joseph et Marie prennent le chemin de Nazareth, Jésus part avec eux. Le Christ glorifié demeure présent auprès des disciples, sur le chemin d’Emmaüs et au Cénacle, en Judée et en Galilée où l’ange les envoie. Ainsi, l’Ascension du Seigneur Jésus est-elle l’introduction à un nouveau mode de présence : « je suis avec vous tous les jours » (Mt 28,20).

Cette déclaration est aussi surprenante que le retour de Jésus à Nazareth : « Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis » (Lc 2,51). C’est donc là, à Nazareth, aux côtés de Marie et de Joseph, en exerçant le métier de charpentier, que Jésus vit la proximité avec son Père des cieux. C’est donc là, présent au quotidien de son Église, que Jésus s’abîme dans la gloire du Père.

Voilà pourquoi la maison de saint Joseph n’est pas réservée aux nostalgiques d’une enfance révolue. À l’Ascension, Jésus envoie ses disciples aux quatre coins du monde pour qu’ils enseignent le chemin vers la maison de son père, pour qu’ils trouvent le Chemin vers le Père. C’est là qu’il nous attend.