La joie – comme la souffrance – nous est difficile à comprendre, car nous peinons à distinguer la vie spirituelle des états d’âme. Nous confondons la joie avec les expressions d’un contentement que peuvent être l’euphorie ou l’exubérance, mais la joie des saints a peu de liens avec le plaisir, elle est le fruit du renoncement à soi. Marie et Joseph ont certainement trouvé des agréments à vivre avec l’Enfant, mais leur joie naît de leur détachement, de la capacité qu’ont les belles âmes à ne pas s’approprier le don de Dieu, de l’oblation qui consiste à se donner sans retour sur soi.

Ainsi, saint Joseph n’a jamais discuté, il n’a pas retranché, il n’a rien ajouté : il a tout accepté de Dieu. Au cœur de la nuit, il a consenti au renoncement. Lorsqu’il entend la prophétie de Syméon annonçant le martyr de Jésus et de Marie, saint Joseph conçoit une joie – qui n’exclut pas la souffrance – plus grande qu’au jour de son mariage. Il n’existe en effet qu’une seule joie : celle de voir se réaliser la volonté de Dieu. Une telle joie saisit habituellement l’âme au sortir de l’épreuve, elle est un fruit de la croix.

Saint Joseph, homme du renoncement, initiez-nous à la vraie joie, qui couronne la vertu.