Marie-Madeleine a beaucoup touché. La chair, Jésus, le bois de la Croix, la pierre du tombeau, le Ressuscité enfin, c’est-à-dire la chair glorifiée et la lumière. Un interdit retentit alors : « Ne me touche pas. » (Jn 20,17) Jésus, autrefois, en des circonstances jugées scandaleuses, ne l’avait pourtant pas repoussée (cf. Lc 7,38.) Pourquoi la rejeter lorsqu’elle touche à l’essentiel ? Saint Joseph lui-même ne toucha-t-il pas Jésus ?
Saint Joseph, nous le savons, ne s’est jamais rien approprié, pas même sa femme : il se plut à n’avoir d’autre initiative que l’accueil du don de Dieu (cf. Mt 1,20.) Qu’il prît la main de la Vierge ou l’épaule de l’Enfant, Joseph s’était laissé toucher par la grâce. Touché par la lumière, il atteignait en eux la chair en état de grâce, la lumière elle-même.
Alors que Marie-Madeleine pensait toiletter le Jour nouveau, Joseph remettait à l’Étoile du matin son cœur que l’Aurore épure.