Sans y prêter garde, avec l’ingratitude des jeunes adultes quittant leurs parents sans trop se retourner, nous pourrions partir ce matin le cerveau plein de flamme, laissant la maisonnée de Nazareth pour vivre l’aventure du désert avec Jésus. Joseph n’a-t-il pas fait honnêtement son temps, le temps de l’enfance ? Nous voici au seuil du combat spirituel, une certaine peur au ventre, berçant l’infini de nos désirs de sainteté au gré des dunes et des pistes vallonnées, avançant magnifiquement sur les chemins de la maturité, espérant gravir dignement, bientôt, la colline du Golgotha.

Nous serions surpris de rencontrer là-bas un autre Joseph, un autre bon Joseph, un autre sage Joseph, apprêtant un sépulcre à Jérusalem avec le même courage et le même amour que l’époux de Marie avait mis à préparer la crèche à Bethléem. Car, en vérité, la Nativité et la Passion sont le même mystère de l’amour de Dieu et de l’Esprit d’enfance. Marie et Joseph, qui s’y connaissent en Esprit d’enfance, sont ainsi présents, chacun à leur manière, au début et à la fin, et tout au long du chemin.

Saint Joseph, sage Joseph, veille sur notre carême, sois l’artisan de chacun de nos dépouillements.