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Un défi à relever

Même s’il est possible d’admettre que la religiosité Nouvel Âge répond, d’une certaine manière, aux désirs spirituels légitimes de la nature humaine, il est nécessaire de reconnaître que cette tentative s’inscrit toujours à l’opposé de la révélation chrétienne.

C’est surtout dans la culture occidentale que les approches “alternatives” à la spiritualité attirent de plus en plus. D’une part, les nouvelles formes d’affirmation psychologique de l’individu sont très en vogue chez des catholiques, jusque dans les lieux de retraite, séminaires et maisons de formation pour religieux.

En même temps, on constate une certaine nostalgie et un regain de curiosité pour la sagesse et les rites d’autrefois, qui expliquent en partie l’intérêt croissant pour l’ésotérisme et le gnosticisme. Beaucoup sont attirés en particulier par ce qui est connu, à tort ou à raison, comme la spiritualité “celtique” ou les religions des peuples de l’Antiquité. Les ouvrages et les cours sur la spiritualité et les religions anciennes ou orientales sont en plein essor, et ils sont souvent présentés sous l’étiquette “Nouvel Âge” à des fins commerciales. Cependant, les liens avec ces religions ne sont pas toujours évidents et sont même souvent démentis.

Un discernement chrétien approprié sur la pensée et la pratique Nouvel Âge ne manquera pas de reconnaître, comme pour le gnosticisme du second et du troisième siècle, qu’elles représentent un compendium de propositions que l’Église a qualifié d’hétérodoxes. Jean-Paul II met en garde contre “la question de la renaissance de certaines traditions du gnosticisme antique sous la forme de ce qu’on appelle le New Age” : “Il est impossible de se laisser bercer par l’illusion que ce retour de la gnose préluderait à un renouveau de la religion. Il s’agit tout simplement de la version moderne d’une attitude spirituelle qui, au nom d’une prétendue connaissance supérieure de Dieu, finit par rejeter définitivement sa Parole en la remplaçant par des paroles toutes humaines. La gnose n’a jamais disparu du champ du christianisme. Elle a toujours cohabité avec lui, parfois en tant que courant philosophique, plus souvent sous des formes religieuses ou parareligieuses, en opposition nette, même si elle n’est pas explicite, avec l’essentiel du christianisme ”.

Un exemple nous est donné par l’ennéagramme – un instrument pour l’analyse du caractère selon neuf catégories – qui, lorsqu’on l’utilise comme instrument de croissance spirituelle, introduit une ambiguïté dans la doctrine et la pratique de la foi chrétienne.

L’attrait pour la religiosité Nouvel Âge ne doit pas être sous-évalué. Une compréhension imparfaite de la foi chrétienne autorise certains à considérer à tort que la religion chrétienne n’inspire pas une spiritualité profonde et à regarder ailleurs.

À vrai dire, certains pensent que le Nouvel Âge tire à sa fin et parlent déjà du “prochain” âge. Ils parlent d’une crise qui se serait manifestée au début des années 1990 aux États-Unis, tout en admettant que, surtout en dehors du monde anglophone, cette “crise” pourrait se produire plus tard. Pourtant, le succès des librairies et stations de radio ainsi que la myriade de groupes de réalisation de soi apparus dans les villes, petites et grandes, s’inscrivent en faux contre une telle affirmation. Il semble que, pour le moment du moins, le Nouvel Âge soit encore très vivant et très présent sur la scène culturelle contemporaine.

Le succès du Nouvel Âge est un défi pour l’Église. Les hommes ont le sentiment que la religion chrétienne ne leur offre pas ce dont ils ont vraiment besoin. La recherche qui les amène au Nouvel Âge est une aspiration authentique : à une spiritualité plus profonde, à quelque chose qui touche leur cœur et donne un sens à un monde confus et souvent aliénant.

Il y a du vrai dans les critiques que le Nouvel Âge porte au matérialisme de la vie quotidienne, de la philosophie et même de la médecine et de la psychiatrie ; au réductionnisme qui refuse de prendre en considération les expériences religieuses et surnaturelles ; à la culture industrielle de l’individualisme effréné qui encourage l’égoïsme et se désintéresse totalement des autres peuples, du futur et de l’environnement. Les problèmes que peut poser le Nouvel Âge naissent plutôt de ses réponses alternatives aux questions de la vie.

Si l’Église ne veut pas être accusée de rester sourde aux aspirations des hommes, il faut que ses membres fassent deux choses : s’ancrer encore plus fermement dans les fondements de leur foi, et percevoir le cri souvent silencieux qui s’élève du cœur des hommes, et les porte ailleurs s’ils ne trouvent pas une réponse dans l’Église. C’est aussi un appel à s’unir plus intimement à Jésus-Christ et à marcher à sa suite, lui qui est vraiment le chemin du bonheur, de la vérité sur Dieu et de la plénitude de vie pour tous ceux qui sont prêts à répondre à son amour.

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