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Les raisons d'un engouement

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Le troisième millénaire s’ouvre non seulement deux mille ans après la naissance du Christ, mais aussi en un temps où des astrologues croient que l’ère des Poissons, connue d’eux comme l’ère chrétienne, touche à sa fin. Le Nouvel Âge est une des nombreuses explications de la signification de ce moment historique dont est bombardée la culture contemporaine (surtout occidentale).

On a dit, avec raison, que beaucoup d’hommes balancent aujourd’hui entre certitude et incertitude, en particulier sur les questions liées à leur identité. Quelques-uns affirment que la religion chrétienne est patriarcale et autoritaire, que les institutions politiques sont incapables de changer le monde, et que la médecine officielle (allopathique) échoue clairement à guérir vraiment les hommes. Le fait que ce qui était autrefois des éléments centraux de la société soit aujourd’hui perçu comme peu fiable ou dépourvu d’une autorité véritable a créé un climat dans lequel les individus regardent en eux-mêmes, à la recherche de sens et de force. Ils se tournent aussi vers les institutions alternatives, dont ils espèrent qu’elles répondront à leurs besoins profonds.
La vie chaotique ou peu structurée des communautés alternatives des années 1970 a donné lieu à une recherche de discipline et de structures, qui sont des éléments-clés de certains mouvements “mystiques” très répandus aujourd’hui. Le Nouvel Âge séduit surtout parce qu’une grande partie de ce qu’il offre répond à des besoins que les institutions établies n’ont pas toujours été capables de satisfaire.

Mais si le Nouvel Âge est né, dans une large mesure, en réaction contre la culture contemporaine, il en est en même temps, sous bien des aspects, l’héritier direct. La Renaissance et la Réforme ont façonné l’individu occidental moderne, peu enclin à accepter le poids d’une autorité simplement extrinsèque ou de la tradition. Les hommes éprouvent de moins en moins le besoin d’“appartenir” à des institutions – et pourtant la solitude est un grand fléau de la vie moderne – et ne sont plus disposés à faire passer les jugements “officiels” avant les leurs.

Ce culte de l’homme s’accompagne d’une intériorisation de la religion qui prépare le terrain à la sacralisation du “moi”. C’est la raison pour laquelle le Nouvel Âge a beaucoup de valeurs en commun avec la culture d’entreprise et l’“évangile de la prospérité” (dont il sera question plus en détail au chapitre 2.4), et avec la culture consumériste, dont l’influence est bien perceptible dans le nombre sans cesse croissant de ceux qui affirment qu’il est possible de mêler le christianisme au Nouvel Âge, en prenant ce qui leur semble le meilleur de chacun. Il vaut la peine de rappeler que certaines déviances au sein du christianisme sont allées au-delà du théisme traditionnel en acceptant un repli sur soi à sens unique, au risque d’encourager un tel mélange d’approches. Ce qu’il est important d’observer, c’est que dans certaines pratiques Nouvel Âge, Dieu est réduit à la fonction de soutenir la promotion de l’individu.

Le Nouvel Âge s’adresse à ceux qui adhèrent pleinement aux valeurs de la culture moderne, considérant comme sacrées la liberté, l’authenticité, l’indépendance et autres valeurs du même ordre. Il s’adresse à ceux qui ont des problèmes avec le patriarcat. Il “ne demande pas plus de foi qu’il n’en faut pour aller au cinéma”, tout en déclarant satisfaire les besoins spirituels des gens.

L’ère des communications

Depuis quelques années, la révolution technologique des communications a créé une situation entièrement nouvelle. La facilité et la rapidité avec lesquelles les hommes peuvent désormais communiquer est une des raisons pour lesquelles le Nouvel Âge a réussi à attirer l’attention de personnes de tous âges et de tous milieux, au point que beaucoup de ceux qui suivent le Christ ne savent plus trop ce qu’il en est.

L’Internet en particulier a pris une influence considérable, surtout chez les jeunes, pour qui il représente un moyen congénial et fascinant d’obtenir des informations. Mais c’est aussi un moyen insidieux de désinformation sur bien des aspects de la religion : ce qui est présenté sous l’étiquette “chrétien” ou “catholique” est loin d’être toujours un reflet fidèle des enseignements de l’Église catholique, et en même temps, les sites Nouvel Âge se multiplient, allant des plus sérieux aux plus ridicules.

Le contexte culturel

En examinant diverses traditions Nouvel Âge, on s’aperçoit qu’en fait, bien peu de choses sont véritablement nouvelles. S’il semble que ce terme se soit répandu d’abord à travers les Rosicruciens et les Francs-Maçons au temps des révolutions française et américaine, la réalité qu’il dénote est plutôt une variante contemporaine de l’ésotérisme occidental, dont l’origine remonte aux groupes gnostiques des premiers siècles du christianisme. Ayant pris un nouvel essor en Europe à l’époque de la Réforme, il se développa parallèlement aux conceptions scientifiques du monde et acquit peu à peu une justification rationnelle aux XVIIIe et XIXe siècles.
Il se caractérise par le rejet progressif d’un Dieu personnel au profit d’entités qui servaient souvent d’intermédiaires entre Dieu et l’humanité dans le christianisme traditionnel, en leur faisant subir des adaptations de plus en plus originales ou en leur en adjoignant d’autres.

Une autre tendance de la culture moderne occidentale qui a puissamment contribué à la diffusion des idées Nouvel Âge est l’acceptation générale de la théorie évolutionniste de Darwin qui, avec l’accent mis sur les forces spirituelles cachées ou forces de la nature, a jeté les bases de ce qui est connu aujourd’hui comme la théorie du Nouvel Âge.
En réalité, si le Nouvel Âge a bénéficié d’un accueil si favorable, c’est parce que la vision du monde sur laquelle il se fondait était déjà largement acceptée. Le terrain avait été bien préparé par les progrès du relativisme et par l’indifférence ou même l’antipathie envers la religion chrétienne.

Par ailleurs, un débat très animé a porté sur le point de savoir si, et dans quelle mesure, le Nouvel Âge pouvait être considéré comme un phénomène post-moderne. L’existence et la ferveur de la pensée et de la pratique Nouvel Âge confirment le désir inextinguible de transcendance de l’esprit humain et de sens religieux, ce qui n’est pas seulement un phénomène culturel actuel, mais était déjà manifeste dans le monde antique chez les chrétiens comme chez les païens.

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