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Psychologie transpersonnelle

Pierre Weil, Dr. en psychologie, Prof. de psychologie transpersonnelle à l’université de Belo-Horizonte au Brésil, et cofondateur de l’International Transpersonal Association, définit la psychologie transpersonnelle à travers son objet :

« La psychologie transpersonnelle s’occupe de l’étude d’un état de conscience où se dissout complètement cette frontière apparente entre le moi et le monde extérieur ; où disparaît ce qu’on appelle la personne, et surgit un vécu qui se situe bien au-delà de celle-ci ; d’où le nom de “transpersonnel”. »

La définition renvoie à l’expérience particulière qui est désignée dans les traditions orientales par les termes de « samadhi », « nirvana », « mokha », « satori » ; l’occident parle plutôt d’ « illumination » ou de « conscience cosmique ». Il s’agit de l’état expérimenté au terme d’une démarche régressive qui parvient, grâce aux techniques appropriées, à remonter en amont de l’émergence de la conscience personnelle, retrouvant ainsi ce que Freud appelait l’« expérience océanique ». Ce terme suggère bien la dissolution de l’individualité, qui se perd dans le Tout comme la goutte d’eau dans l’océan.

Les observations cliniques ont pu objectiver ces états modifiés de conscience en termes de variations du rythme cardiaque et respiratoire, de diminution du réflexe électrocutané, et de déplacement des ondes électroencéphalographiques vers les rythmes plus lents (ondes alpha, thêta, voire delta). Ces états peuvent être induits par des techniques agissant au niveau psychosomatique, mais aussi par l’absorption de substances psychoactives. Ils résultent de modifications neurophysiologiques entraînant une forte répercussion psychologique, caractérisée par

– la perte de repères spatio-temporels ;
– la dissolution de la frontière entre sujet et objet ;
– l’identification au Tout (= à l’ensemble du manifesté et du non manifesté)
– la perte de l’individualité.

Les deux derniers points résultant logiquement de la régression en amont de la distinction sujet/objet.

Il n’est pas question de mettre en doute le fait que notre système nerveux soit capable de nous faire expérimenter de tels états ; la question qui se pose est plutôt de savoir s’il s’agit là d’un état plus évolué de la conscience humaine – comme le suggèrent les tenants de cette nouvelle branche de la psychologie – ou au contraire d’un état régressif et donc d’une certaine manière pathologique. Notons seulement que des conditions physiologiques analogues ont été observées chez des fœtus de huit mois, c’est-à-dire dans la vie intra-utérine, ainsi que dans des états terminaux proches de la mort.

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