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La haine du christianisme

« Le christianisme dogmatique et fabriqué de toutes pièces de la période de Constantin, n’est que la progéniture des nombreuses sectes antagonistes, elles-mêmes des demi-castes, nées de parents païens. Chacune de celles-ci revendiquait ses représentants convertis au prétendu corps des chrétiens « orthodoxes ». Et comme il fallait que chaque nouveau dogme soit accepté à la majorité des votes, chaque secte contribuait à colorer la matière générale avec sa propre nuance jusqu’au moment où l’empereur imposait au monde comme la « religion du Christ » cette macédoine « révélée », dont évidemment il ne comprenait lui-même pas le premier mot. Fatigué de ses vains efforts pour approfondir le marécage insondable des spéculations internationales ; incapable d’apprécier une religion basée sur la spiritualité pure d’une conception idéale, le christianisme s’abandonna à l’adoration de la force brutale représentée par l’Eglise soutenue par Constantin. Depuis lors, parmi les rites sans nombre, les dogmes et les cérémonies copiés du paganisme, l’Eglise ne peut revendiquer qu’une seule invention, absolument originale, c’est-à-dire la doctrine de la damnation éternelle, et une seule coutume, celle de l’anathème ».

H.P. Blavatsky, Isis dévoilée, II

Cet extrait, qui date de la fin du XIXe siècle, reflète l’atmosphère d’une époque où l’Occident réglait ses comptes avec le christianisme (on peut d’ailleurs se demander si le processus est terminé !?). Mais aussi et surtout il témoigne des excès de langage de Mme Blavatsky, dont la haine pour l’Eglise est bien connue ; elle scandalisait même ses proches, qui n’osaient cependant pas s’opposer à la visionnaire aux pouvoirs occultes redoutés.

Il sort du cadre de notre propos de faire une analyse détaillée de l’extrait cité que nous n’avons proposé que pour illustrer l’état d’esprit de « l’éminence grise » du Nouvel Age ; mais il serait facile de réfuter point par point tous ses arguments. Ce qui est surprenant, c’est que ce genre de discours continue à trouver audience de nos jours, alors que les travaux des historiens ont démontré le non-fondé de ces affirmations péremptoires et caricaturales, qui n’ont d’autre but que de dénigrer le christianisme.

En ce qui concerne la formulation progressive du dogme – point particulièrement visé dans notre extrait – il est incontestable que les multiples hérésies – c’est-à-dire les interprétations erronées de la Révélation qui ont surgi au cours des premiers siècles de l’Eglise – ont constitué une stimulation pour l’étude de la doctrine et de la pratique de la communauté ecclésiale. Par son aspect contestataire, l’hérésie provoque en effet l’Eglise à un approfondissement de sa connaissance de la Révélation et de son auto-compréhension. Il est dès lors légitime de parler d’une « fonction positive » des hérésies, au sens où elles ont obligé l’Eglise à préciser la formulation de sa foi. Mais les doctrines hérétiques n’ont rien apporté de positif au dogme !

Quant à l’argument des soi-disant compromissions avec le pouvoir politique, il suffirait pour le réfuter d’énoncer la liste des Pères de l’Eglise qui ont payé de leur vie leur fidélité à la foi « orthodoxe » contre les interprétations déviantes soutenues par le bras séculier. Mais il serait vain de s’engager dans un débat contradictoire avec Mme Blavatsky ou ses disciples contemporains, étant donné qu’ils récusent les travaux scientifiques au nom d’une connaissance supérieure, intuitive, qui leur serait communiquée par de mystérieux « maîtres ascensionnés ». HPB prétend en effet avoir rédigé ses ouvrages sous dictée, par voie télépathique.

Nous préférons pour notre part, accorder notre confiance à la Révélation divine et à l’action de l’Esprit Saint conduisant l’Eglise vers « la vérité tout entière », plutôt qu’aux messages de soi-disant « Maîtres de la sagesse » appartenant à une « Grande Fraternité Blanche » qui s’est donnée pour mission de conduire l’humanité dans l’ère du Verseau.

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