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Artisanat monastique
« Je ne connais aucun païen contemporain qui trouve quoi que ce soit à redire aux enseignements de Jésus. « C’était un grand sorcier ! » disait Gérald Gardner. Il encourageait ses auditeurs à être spontanés et à s’ouvrir aux merveilles de la vie. La Wicca et d’autres groupes païens enseignent la même chose, et cherchent à le pratiquer dans nos fêtes saisonnières joyeuses. Puisque nous sommes d’accord avec Jésus, pourquoi ne nous appelons-nous pas « disciples de Jésus » tout en maintenant notre interprétation de son message toute différente de celle des Eglises ? Parce que ce serait une fois de plus regarder en dehors de nous-mêmes pour trouver notre salut, au lieu de le chercher en nous-mêmes comme Jésus lui-même l’enseignait. Si merveilleux que Jésus ait été comme personnalité, il a quand même vécu il y a près de deux mille ans, et nous concentrer sur lui nous ferait perdre de vue ceux de nos contemporains qui sont tout aussi pleins de bonté, sans parler de la bonté que la joie de vivre peut nous faire trouver en nous-mêmes ».

Fr. Lamond, La religion sans dogmes

Jésus apparaît sous la plume de Frédéric Lamond comme un contestataire de l’institution religieuse de son époque, qui aurait diffusé une doctrine proche du discours tenu par les païens eux-mêmes. Somme toute un « gars sympa » qui aurait sans aucun doute participé aux rites saisonniers des religions naturalistes. Notre auteur ne semble même pas s’étonner qu’un homme si « ordinaire » ait marqué de son empreinte toute la culture occidentale.

Fr. Lamond n’attribuerait certainement pas cette influence à l’Eglise, puisque selon lui celle-ci aurait complètement défiguré la doctrine du Galiléen. Paul puis le Concile de Nicée se seraient en effet rendus coupables de « la plus grande fraude spirituelle de l’histoire ». Car en présentant Jésus comme « l’unique Fils de Dieu, ils nient implicitement la divinité intrinsèque de chaque être humain. Or aucun païen ne peut croire cela et être encore païen. Etre païen signifie être conscient de notre propre divinité ».

Voilà qui a au moins le mérite d’être clair et devrait prévenir tout risque de syncrétisme, dans un sens comme dans l’autre. Car même si, toujours selon Fr. Lamond, peu de croyants adhèrent encore au Credo des Apôtres, « ce n’est pas une raison pour que des païens en quête de compréhension mutuelle se joignent aux chrétiens pour réciter un credo si négatif de toutes nos convictions. Peu de païens ont d’ailleurs la moindre envie de le faire. Beaucoup d’entre nous sont des transfuges d’une éducation chrétienne oppressive et détestent l’église de notre éducation, sinon toutes les églises ». On s’en était rendu compte à la lecture de l’ouvrage, mais cette affirmation très ferme lève les derniers doutes qui auraient pu subsister.

Nous passerons sous silence la « démonstration » de l’identité entre la Vierge Marie et la Triple Déesse païenne : Vierge, Mère et Marâtre. Il est vrai que partant du principe que « la Mère d’un Dieu ne peut être qu’une Déesse », les considérations les plus farfelues trouvent une justification. Notre auteur ira même jusqu’à identifier Aphrodite ou Lilith – la déesse de l’amour libre et de la séduction – à Marie-Madeleine, qui comme tout le monde sait depuis le dernier film à scandale sur ce thème, aurait été l’épouse de Jésus. Ce qui conduit à une réinterprétation de la Passion en termes de cultes de la fertilité : « L’amalgation populaire de l’épouse de Jésus avec une prostituée repentante dans la personne de Marie-Madeleine, vient directement des mythes de fertilité du Moyen-Orient. Le Jésus crucifié remplace le dieu Attis de la végétation, sacrifié comme l’amant ou l’époux de la déesse Astarté de la fertilité qui devient Marie-Madeleine ».

Nous perdrions notre temps à vouloir argumenter contre de telles affirmations que nous ne citons que pour illustrer le niveau du discours. Pourtant, nous aurions tort de minimiser l’importance de ces courants néo-païens. En particulier, la banalisation des cultes rendus à Aphrodite, Lilith et autres Astarté est plus qu’inquiétante. Il faut savoir qu’en sorcellerie, la Trinité démoniaque est composée de Satan, Lilith et Astaroth, parfois appelé Asmodée ou encore Baphomet. Autrement dit, les cultes néo-païens rendus aux « divinités de la nature » pourraient bien conduire à de redoutables aliénations diaboliques.

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