Une illusion commune aux chrétiens ayant généreusement remis leur vie à Dieu consiste à se représenter le Seigneur comme l’objectif de la vie spirituelle : au terme d’un long chemin de purifications et renoncements, la communion avec Dieu. Mais la victoire de saint Pierre sur les eaux déchaînées repose sur le « Viens » (Mt 14,29) qui lui fait enjamber le bord, la satiété de la foule rassemblée sur la montagne a son origine dans le « Donnez » (Lc 9,13) qui fait distribuer cinq pains à cinq mille hommes.

Ainsi, la vie de saint Joseph nous enseigne que le Seigneur n’est pas seulement le terme, il est aussi l’origine et l’initiateur de la vie chrétienne. À l’orée du Nouveau Testament, la toute première parole adressée à l’homme est pour Joseph : « Ne crains pas » (Mt 1,20), invitation à la confiance dont Zacharie, Marie et les bergers entendront bientôt l’écho (cf. Lc 1,13.20 ; 2,10). « Ne crains pas (…) puisque l’enfant qui est engendré en elle » Tout commence par la présence de l’Éternel, tout repose sur l’Emmanuel, Dieu parmi nous. Saint Joseph a grandi dans la foi et la sainteté en s’acclimatant à Dieu venu habiter chez lui. Il a permis au Seigneur d’instaurer en sa maison les lois et le mode de vie du Paradis.

Saint Joseph nous enseigne que le combat fondamental de la vie chrétienne est de se laisser faire.