Élie le savait. Il s’y préparait. Il se pressait. Encore quelques mots à son disciple – à son ami en fait, même s’il rechignait à le laisser paraître – mais pas trop : là où il allait, les impedimenta des bonnes raisons et des grandes effusions ne servent à rien. La jeunesse s’attache et s’inquiète : il faut bien lui montrer qu’il y a une joie au dépouillement.

Bientôt le conducteur d’Israël filerait comme une étoile. Son manteau aussi l’encombrerait, qu’il le lui laisse. Allons Élisée, ne le retiens pas, il entre dans la lumière qui l’habitait.

Les témoins s’accordent sur l’essentiel. Ils parlent de chevaux de feu, d’un char flamboyant. Qu’importe. Dans le tourbillon ardent, le prophète Élie est monté au Ciel tout entier, comme ça. Les hommes de Dieu ne sont jamais bien compliqués quand il s’agit de vivre ou de mourir – ce qui revient un peu au même, si on regarde les choses d’en haut.

Parmi les hommes de Dieu, saint Joseph est le plus grand, assurément.