Dieu par son Christ fulmine contre le clergé de toutes religions, mais particulièrement contre la hiérarchie chrétienne. Les sacrements lui sont en horreur, et doivent être remplacés par les rituels qu’il décrit à son serviteur Michel. Celui-ci résume l’enseignement divin en quelques points :

« Les dogmes et pratiques de la religion sont superstitions ou non déterminants pour le salut ; le bien actif est plus important que la foi ; tout homme de bien est justifié, même incroyant ; le salut de chaque homme et du monde se fait par l’auto-reconstruction (pénitence) spirituelle libre de tout harnais ; la liberté absolue est plus féconde en bien et en bonheur et moins risquée que n’importe quel système ; le Père a foi dans l’homme comme individu qui peut devenir Dieu et qu’aucune institution ou loi ne peut représenter ni dominer comme tel. »

En clair : « devenir Dieu » par une ascèse personnelle, vécue dans une « liberté absolue », en dehors de toute référence dogmatique et surtout de toute institution ecclésiale. Rien de nouveau dans tout cela : ce sont bien les idées véhiculées dans les années ‘70.

Du 2 octobre au 22 novembre 1977, « Dieu » ressurgit dans la vie de fr Michel, qui sera gratifié de cinq « théophanies ». Le frère consigne « les messages du Créateur » proclamés par « un bâton de lumière » d’où sort la voix divine, dans un ouvrage intitulé Le Livre. Voici un exemple des propos délirants que l’on trouve dans ce recueil :

« Ton œil moud la lumière, elle brûle la pierre ; tu vois la bulle dans le morio. Le fer bout dans ta main ; ta main frise la fleur ; ta main connaît le bord le fond. Tu montes les mondes sans heure tournent les poissons dans Mon Eau. Mon Pouls sort les mondes ; tu cours devant l’arc. Les mondes ne touchent pas ta barbe. Les poissons sucent le jonc dans l’Eau Forte coule » (VI).

Quant aux « expériences » que traversent le frère, elles sont pour le moins singulières : reconnaissons qu’il n’est pas courant pour un mystique de se faire violemment gifler par Dieu !

Le sentiment général qui ressort de la lecture de ces « révélations », est celui d’un profond malaise, non seulement en raison du contenu des messages, mais aussi des circonstances sinistres dans lesquelles ils sont délivrés, et des états « seconds » dans lesquels se retrouve le frère durant ses rencontres avec le « Christ » ou avec « Dieu ».

Rien à voir avec la joie et la paix qui caractérisent la présence de l’Esprit Saint. Un ouvrage qu’on est soulagé de pouvoir ranger…