Selon cette doctrine, toutes les religions seraient équivalentes et trouveraient leur vérité dans la sagesse ésotérique ?

Exactement : vous pouvez fort bien composer votre propre « kit » religieux en empruntant des éléments à diverses religions selon votre intuition du moment – sans bien sûr adhérer aux institutions correspondantes, qui vous bloqueraient dans votre avancée spirituelle. De plus chacun doit se sentir libre de changer de croyances en fonction de son évolution personnelle et de ses besoins du moment. Multiples sont les chemins, aucun n’est privilégié puisque tous convergent vers la même Source unique. L’important est de ne pas se laisser piéger par les institutions, enfermer par les dogmes et aliéner par les morales. Les religions exotériques ne seraient que les vestiges d’une sagesse ésotérique enfouie, qu’il faudrait libérer de son tombeau religieux.

Mais les diverses religions se fondent bien sur des événements historiques qui ne sauraient se confondre ?

L’a priori de cette position, est qu’il n’y a pas de Révélation historique. Ce que nous désignons par ce nom ne serait que l’historicisation de récits symboliques. Eliphas Lévi, référence incontournable dans le domaine de l’occultisme, affirme tranquillement :

« L’Evangile n’appartient à la science que comme monument de la foi, et non comme document de l’histoire. C’est le symbole des grandes aspirations de l’humanité. C’est la légende idéale de l’homme parfait. »

Les différentes interprétations non chrétiennes du Christ des Evangiles ont toutes en commun de minimiser l’importance des événements historiques, qui ne sont jamais considérés en eux-mêmes, mais uniquement interprétés en terme de leur valeur symbolique. Ainsi par exemple, pour David Spangler, co-fondateur de la communauté de Findhorn (Ecosse) et penseur influent du Nouvel Age,

« La croix doit être interprétée comme le symbole de la relation dynamique entre l’esprit et la matière, l’espace et le temps, qui constituent les conditions de notre univers planétaire quadridimensionnel. Le sang rédempteur doit être interprété comme l’énergie vitale du Christ répandue en abondance sur notre monde relatif, stimulant ainsi la découverte du divin immanent. »

Inutile de multiplier les citations : tout est symbole et doit donc être interprété à la lumière des axiomes (principes a priori) de l’horizon naturaliste sur lequel se déploie la Tradition primordiale.