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La loi et la question des sectes

En Allemagne, la Constitution de Weimar de 1919 a proclamé la neutralité de l’État face à la religion et aux croyances. Cette disposition de la Constitution de Weimar a été reprise dans la Constitution actuelle, notamment aux articles 4 et 140 où il est question d’associations et de communautés religieuses, et non d’Églises ni de sectes. Aux termes de l’art. 140 de la Constitution, nombre de sectes sont considérées aujourd’hui comme des entités de droit public, et donc assimilées à une Église du point de vue juridique.
Le nombre des membres des sectes, appelées aussi « jeunes religions », est difficile à évaluer. On y dénombre près d’un million de membres en Allemagne, répartis probablement en 300 entités. Le terme « jeunes religions » a récemment remplacé celui de secte.

Ces derniers temps, des sectes comme les Témoins de Jéhovah et la Scientologie ont perdu une partie de leur influence et de leur visibilité dans la société. Leurs activités criminelles dans le domaine financier ainsi que le terrorisme psychologique qu’elles exercent sur leurs membres, rapporté par le nombre toujours croissant de ceux qui en sortent, ne sauraient être ignorées même par un État séculier et neutre.

Ainsi, les Scientologistes et les Témoins de Jéhovah ont souvent une attitude anti-libérale et anti-étatique. Pour ces sectes, l’État et la société représentent un mal auquel il faut s’opposer et qui ne peut en aucun cas être accepté. L’État et sa législation ne sont tolérés que par intérêt, comme lorsque certaines sectes sont reconnues comme associations de droit public.

Le concept d’Église tel que le conçoit, par exemple, la Scientologie, n’est pas reconnu par le droit. La Scientologie y recourt pour masquer ses nombreuses activités financières et son idéologie qui classe les personnes en partisans et opposants. Bien que l’Australie ait décrété dès 1965 que « la Scientologie et mauvaise : ses techniques sont mauvaises et leur exercice représente une menace sérieuse pour la société, du point de vue sanitaire, moral et social », aucune loi n’interdit actuellement les activités de l’« Église » de Scientologie en Allemagne. Alors que le législateur s’efforce d’éloigner tout danger du peuple allemand, aux termes de la Constitution, le « droit » à la liberté religieuse est inviolable. Une révision des principes du droit serait donc souhaitable, ainsi que la reconnaissance du christianisme.

Mgr Gerhard Ludwig Müller

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