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Retour au néo-paganisme ?

« La nature a horreur du vide » disait déjà Pascal. Il ne faut pas rêver : une société sans Dieu n’existe pas. L’homme est fondamentalement religieux. Vouloir rejeter la religion de ses ancêtres sous prétexte de retrouver une autonomie perdue, c’est déjà s’ouvrir à d’autres influences, tant il est vrai qu’« on ne supprime que ce qu’on remplace ». Lorsque la France veut poursuivre sa route sur un autre socle que celui du christianisme, on peut se demander au prix de quel tour de force elle va réussir à garder la cohérence entre ses idéaux républicains issus de l’Evangile, et les nouveaux fondements religieux qu’elle va se donner ?
Dans un ouvrage paru en 1999 et intitulé Vers une France païenne, Mgr H. Simon, évêque de Clermont-Ferrand, pose la question non seulement de l’avenir de l’Eglise, mais conjointement celle de l’avenir de la France, au cas où le christianisme deviendrait minoritaire dans l’Hexagone ?

« Si plus personne ne vient se ressourcer à l’Eglise, combien de temps l’Evangile sera-t-il encore vivant dans notre société ? Et cette amnésie sera grave pour qui : pour l’Eglise ou pour les Français des générations à venir ?
Car il faut aller jusqu’au bout de la question : si les catholiques ne représentent plus, à terme, que 15% de la population, quelle sera la religion dominante des Français ? Que deviendra notre culture, s’il est vrai qu’elle a été façonnée par plus de quinze siècles de christianisme ? Que deviendront en particulier les idées – centrales – concernant l’unité du genre humain et la transcendance de la personne ? A supposer que notre société devienne amnésique de ces références, comment échappera-t-elle à la stratégie de ceux qui voudraient nous ramener au polythéisme païen, cette perspective qui légitime parfaitement l’idée d’une inégalité foncière entre les hommes et entre les peuples?
A moins d’un sursaut collectif, la France risque de s’enfermer dans une impasse.
Devenus amnésiques de la Parole qui les a faits, nos contemporains, dans leur majorité, retournent aux idoles muettes du paganisme. Autant dire que l’esclavage de la fatalité. Ils ne vivent plus leur vie comme une vocation, mais comme un destin. Ils n’ont plus conscience de vivre leur existence comme une réponse à un Appel venu de plus loin que nous. Ils vivent leur existence comme un destin aveugle qu’ils ne peuvent que subir. Sauront-ils se ressaisir ? »

Nous oublions trop rapidement que la devise « liberté, égalité, fraternité » est incompatible avec la philosophie de bon nombre de courants naturalistes, auxquelles nos concitoyens concèdent le haut du pavé. Faut-il rappeler que le système des castes est inhérent à l’hindouisme ? Dans toutes les doctrines qui prônent une évolution de l’âme vers le divin après un période d’involution dans la matière, une hiérarchie rigoureuse et cloisonnée se met inévitablement en place, en fonction de l’avancée spirituelle de chacun. Il suffit de penser à la relation Maître-disciple, ou Initié-adepte pour se rendre compte que la démocratie n’est pas vraiment à l’ordre du jour des naturalismes. Un des buts de la structure initiatique des « sociétés secrètes » – qu’il s’agisse de groupes ésotériques, occultes, spirites ou francs-maçons – est précisément de sauvegarder une structure très hiérarchisée, allant jusqu’à empêcher la communication entre les différents degrés.
Derrière l’égalitarisme du « tout-divin », se profile le spectre d’un jeu de pouvoir redoutable, fondé sur une hiérarchie spirituelle au sommet de laquelle trônent les Maîtres-Initiés, qui revendiquent de gouverner le monde au nom de leur soi-disant niveau de conscience supérieur.

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