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La charité des esprits et l'Esprit de charité

« A l’encontre des religions exclusives qui ont pris pour précepte : “Hors de l’Eglise point de salut”, comme si leur point de vue purement humain pouvait décider du sort des êtres dans la vie future, Allan Kardec place ces paroles en tête de son œuvre : “Hors de la charité, point de salut”. Les esprits nous enseignent, en effet, que la charité est la vertu par excellence ; elle seule donne la clef des cieux élevés. »

Léon Denis, Après la mort

Deux traits particuliers du spiritisme ressortent de ce bref extrait :
– la caricature du christianisme, qui permet au spiritisme de prétendre se substituer à lui ;
– un discours « vertueux », qui permet de séduire les âmes de bonne volonté.
Le vieux thème de dissertation théologique « Hors de l’Eglise point de salut » n’a jamais fait partie des « préceptes » de l’Eglise ; il ne s’agit en rien d’une affirmation « exclusive », du moins pour qui veut bien la comprendre dans le sens où elle est explicitée par la Tradition. Mais nous ne voulons pas tenir rigueur à L. Denis d’ignorer celle-ci.
L’affirmation selon laquelle le point de vue de l’Eglise en matière de salut serait « purement humain » trahit également une connaissance bien limitée de la théologie chrétienne sur laquelle nous acceptons de fermer les yeux.
Mais la suite est plus difficilement acceptable. S’il est un précepte qui résume l’Evangile, c’est bien celui que le Seigneur Jésus répète à temps et à contretemps, à savoir le commandement de l’amour ; l’attribuer aux esprits pour le retourner contre le christianisme relève franchement de la mauvaise foi.
Pourtant le père du mensonge se trahit jusque dans cette exhortation à une vertu qu’il ignore. Car la « charité » à laquelle exhortent les esprits, est sans doute une philanthropie généreuse, mais qui n’a pas grand-chose à voir avec la vertu théologale du même nom, que seul l’Esprit Saint peut infuser dans le cœur de ceux qui croient au Seigneur Jésus.
En fait les esprits savent fort bien que tous les beaux discours et même tous les efforts de l’homme ne produiront jamais une once de vraie charité ; car depuis le péché, l’être humain est hélas incapable de produire par lui-même le moindre mouvement d’amour surnaturel. Or seul cet amour – don de Dieu et participation à sa Vie – « donne la clef des cieux élevés ».
C’est précisément pour nous libérer de cette impuissance à « aimer le Seigneur notre Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme et de tout notre esprit ; et à aimer notre prochain comme nous-mêmes » (Mt 22,37-39), que Jésus a vaincu l’Ennemi – « en sa Personne, il a tué la haine » (Eph 2,16) – et a répandu sur nous l’Esprit Saint en qui nous pouvons connaître le Père et aimer nos frères de l’amour dont Dieu les aime.

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