« L’évocation est la montée des forces, personnifiées sous le nom “d’esprits”, qui sont incomplètes ou déséquilibrées. La pratique de l’évocation requiert plus de préparations, de protections, et d’équipement que peut-être toute autre pratique magique. L’évocation ne devrait jamais être entreprise par des débutants, car c’est essentiellement une opération utilisant des forces déséquilibrées et qui, par conséquent, exige que le magicien ait réalisé un équilibre intérieur considérable avant de s’embarquer dans ce type d’entreprise. Le magicien se tient dans un cercle, séparé de l’esprit évoqué dans le triangle ; il garde le contrôle de lui-même, ordonnant à l’esprit d’accomplir la tâche spécifique pour laquelle il a évoqué cet esprit. L’esprit peut se manifester visiblement, si les bases matérielles adéquates ont été utilisées dans le rite. Le magicien n’accepte pas l’esprit dans sa conscience inconditionnellement, mais il le convoque pour qu’il se manifeste, pour l’examiner, le questionner et le lier avant de l’autoriser à partir et à regagner sa demeure. L’évocation suppose que le magicien soit capable de commander aux entités du plan astral qu’il souhaite évoquer avec toute l’autorité d’un dieu. L’évocation suppose donc que le magicien ait déjà invoqué et qu’il est devenu le dieu sous les auspices duquel l’esprit viendra. »

F. King et S. Skinner, Techniques de Haute-Magie

L’évocation est le rituel par lequel le magicien prend autorité sur un esprit afin de le faire servir à ses fins.

Cet esprit est défini comme étant une « entité astrale », c’est-à-dire une entité agissant au niveau des énergies occultes du même nom. Ce niveau est en effet celui sur lequel travaillent de préférence les magiciens. Pour établir le contact avec les entités du plan astral, le magicien doit pouvoir se projeter dans ce plan en toute conscience, ce qu’il réalise en développant ses facultés médiumniques.

Ces entités sont dites « incomplètes ou déséquilibrées », sans plus d’explication. En tout cas la suite montre bien que le magicien se méfie de ces esprits et tient à les garder à distance, afin d’être sûr de les maîtriser et de ne pas de se laisser dominer ou manipuler par eux. Certains récits d’évocation prennent des allures de véritables affrontements dont l’issue demeure incertaine. Tout dépend du succès de l’invocation antérieure par laquelle le magicien s’est uni à un « dieu » – entendons un esprit « supérieur » – dont il utilise la puissance pour dominer les esprits inférieurs évoqués.

Les principaux ouvrages de haute magie décrivent les rituels d’évocation ; Franz Bardon explique :

« Les grimoires traitant de magie évocatoire, parlent d’esprits-servant, appelés aussi “spiritus familiares”, et avancent que ceux-ci sont mis à la disposition d’un sorcier par des Etres de rang élevé, notamment par des Archidémons, afin que le bénéficiaire n’ait pas à appeler à la moindre occasion et pour une vétille, l’Etre démoniaque en personne. Ces livres précisent par ailleurs que ces esprits occupent cette fonction à la suite d’un pacte avec leur maître, qu’ils possèdent la même nature vibratoire que celui-ci, lequel les envoie auprès du sorcier par une forme particulière de magie »

Est-il nécessaire de préciser que ce genre de pratique incluant un pacte avec la Hiérarchie démoniaque pour obtenir des pouvoirs en ce monde, est totalement incompatible avec un cheminement à la suite du Christ des Evangiles ? Nous aurons l’occasion de revenir dans d’autres articles sur les modalités de « remboursement » des services rendus par ces fameux esprits.