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La religion de Vie

« La religion la plus certaine de toutes est celle de la vie. Les doctrines religieuses se sont adaptées à la mentalité des croyants, sans craindre de s’envelopper de travestissements, dont la grossièreté nous rebute. Mais si nous dégageons ce qu’il y a de fondamental en la croyance humaine, nous verrons ressusciter devant nous une splendide Religion de Vie. Quand toute foi est éteinte, le rameau des Initiés ravive des convictions anciennes, dignes d’être remises en honneur à la lumière d’un discernement profond, devenu compréhensif. Pour retrouver la « Parole perdue », les Initiés ont à parcourir l’espace pour recueillir, un à un, les vestiges d’une tradition qui ne subsiste que sous forme de vagues réminiscences superstitieuses. Il leur faut rassembler les débris corporels du mort à ressusciter. »

Oswald Wirth, Le symbolisme occulte de la franc-maçonnerie

O. Wirth, né le 5 août 1860 en Suisse, est le principal artisan du renouveau du symbolisme franc-maçon. L’extrait que nous proposons le rattache au traditionalisme ésotérique. Selon cette doctrine, une Sagesse primordiale unique serait la Source à laquelle auraient puisé tous les fondateurs religieux.

Cette Sagesse se résume pour notre auteur en une religion de la Vie,

« car en son mystère, la Vie est la seule réalité positive. Tout est discutable, sauf la Vie, puisque nous nous sentons vivre. La grande révélation fondamentale est celle de la Vie. Tout ce qui existe vit ; rien ne se conçoit qui ne soit pas vivant. Mort et néant sont synonymes et néant signifie inexistant ».

De là découle un pan-vitalisme qui décrit le déploiement de l’Energie vitale primordiale – considérée comme divine – dans tous les ordres de manifestation :

« Dans la réalité, Dieu, l’Homme et l’Univers ne font qu’un : “l’Etre-étant ” qui ne prend un aspect triple que pour la commodité de notre analyse grammaticale ».

Inutile d’insister sur l’incompatibilité foncière entre un tel naturalisme (panthéisme émanationniste) et le créationnisme judéo-chrétien. Ce qui n’empêche pas les francs-maçons d’affirmer haut et fort que l’adhésion à leur fraternité serait compatible avec l’appartenance à toutes les traditions religieuses, y compris la religion chrétienne !? La réponse de nos interlocuteurs – du moins lorsqu’ils se laissent interpeller sur cette contradiction – consiste à soutenir que la franc-maçonnerie est au-dessus des religions, puisqu’elle seule possède la clé de leurs symboles. Selon O. Wirth, les chrétiens seraient ignorants des mystères de leur propre Tradition. Ceux-ci seraient « enfouis sous la poussière des siècles », et « ce qui subsiste matériellement est vide ». Toujours selon notre auteur, le croyant sommeille dans l’ignorance d’une « insouciante quiétude animale que procure la foi ». Il se satisfait de participer à des travestissements grossiers de la gnose éternelle, qui ne seraient que des rites superstitieux sans valeur.

Heureusement, des Initiés travaillent dans le secret des Loges, pour rassembler et raviver la connaissance initiatique qui donne accès aux degrés supérieurs de conscience. O. Wirth présente le franc-maçon comme l’homme libre, qui s’est affranchi (« franc ») de tout conditionnement religieux (en particulier chrétien !), et travaille (« maçon ») à l’édification de son temple intérieur, dans lequel se manifestera sa divinité naturelle.

Inutile de préciser qu’un chrétien n’a pas sa place dans ces fraternités initiatiques dont la doctrine théurgique (auto-divinisation de l’homme) réduit « le petit Jésus de la crèche à un symbole » et « les évangiles à une légende ».

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