Saint Augustin (354-430) est le principal théologien de l’Église occidentale. Fils de sainte Monique, après une jeunesse orageuse et une période chez les manichéens, il fut converti à Milan par les prédications de saint Ambroise et devint en 396 évêque d’Hippone en Afrique du Nord (frontière Algérie-Tunisie). Il s’opposa au manichéisme, au donatisme et au pélagianisme. Théologien, philosophe, moraliste, il a exercé une influence capitale sur la théologie occidentale, notamment sur Thomas d’Aquin. Écrivain, il a donné au latin chrétien ses lettres de noblesse et fondé le genre littéraire de l’autobiographie avec ses « Confessions ». Parmi les Pères, il est celui qui a laissé l’œuvre la plus abondante : plus de 800 sermons, quelque 300 lettres et une centaine de traités, où il aborde tous les problèmes fondamentaux de la théologie et où il innove même, comme dans le domaine de la théologie de l’histoire.

Chez saint Augustin, nous rencontrons le schéma d’un chemin de vie spirituelle, original et en même temps profondément biblique. Nous trouvons cela exposé dans son commentaire au Psaume 11 (an 392) et plus amplement développé dans son commentaire du discours sur la montagne (De sermone Domini in monte) de l’an 394. C’est ce chemin là que nous nous proposons de parcourir dans les articles qui vont suivre, en compagnie de celui qui l’a indiqué à l’Église comme parcours privilégié vers la sainteté.