Le 17 mars dernier, Mgr Azéma nous faisait la grâce de présider le Festival Saint Joseph à Saint-Joseph de Mont-Rouge. Voici le texte de l’homélie qu’il a donnée lors de la messe dominicale.

Mgr Claude Azéma

Chers Amis,

La famille St Joseph nous accueille largement pour ce weekend consacré à vivre la foi en famille, à l’école de la Sainte Famille. Alors que les familles sont menacées de toute part, il nous est bon de nous mettre à l’écoute de la Parole de Dieu, à l’école de la Sainte Famille. Ce n’est pas pour rien que le synode sur l’Église en Afrique a insisté sur l’Église-Famille. C’est n’est pas pour rien que notre archevêque a ouvert un chantier pastoral « Demain nos communautés ». Il nous invite à entrer dans une « dynamique diocésaine » pour une église témoin de l’amour, maison et école de communion.

Ce n’est pas pour rien que le CCFD-Terre Solidaire, à la demande des évêques de France stimule la dimension universelle de la fraternité-solidarité et nous sensibilise à la grande famille humaine. Nous allons recevoir justement un témoin venu du Mali qui est jumelé avec notre diocèse. C’est-à-dire combien est importante la fraternité pour ceux et celles qui font partie de la famille des enfants de Dieu, les baptisés que nous sommes.

Voulez-vous que nous accueillons ce passage de l’évangile selon Saint Jean, que nous connaissons sans doute bien, dans cet esprit de fraternité et de pardon qui peut animer une famille, une fraternité, une communauté, une paroisse, désormais aux multiples clochers… ? Le pape Benoît XVI commentait ainsi ce passage : « l’attitude de Jésus devient de cette manière un modèle à suivre pour chaque communauté, appelée à faire de l’amour et du pardon le cœur battant de sa vie ».

Sur nous, comme sur la femme adultère, Jésus pose un regard d’amour, exigeant et bienveillant. Il ne relativise pas la faute de cette femme, il ne lui dit pas que cela est sans importance ; au contraire il souligne : « désormais ne pèche plus ! ». Mais pour elle et pour nous, il refuse d’enfermer les hommes dans leur péché, de désespérer de quelqu’un. Il croit à la possible conversion de chacun de nous. Jésus ne rassure pas, il appelle à une vie meilleure.

Et nous sommes déjà au cœur du mystère pascal : Jésus ne condamne pas la femme adultère ; il ne la renvoie pas non plus comme si rien ne s’était passé. Il la libère en lui révélant qu’il n’y a pas de fatalité, qu’elle reste capable du bien, qu’il a confiance en elle. Passer de la mort à la vie, du péché au pardon, de la misère à la miséricorde.

Pour les couples, pour les familles, pour les communautés, voilà un chemin d’Évangile. Ce sont comme les deux pieds qui nous permettent de marcher à la suite du Christ, un chemin de croix, appelé à devenir un chemin de vie : l’amour, l’amitié, la fraternité d’une part ; le pardon et la miséricorde d’autre part.

Un programme à suivre pour cette dernière étape du Carême avant les Rameaux et la Passion. Fixons nos regards sur Jésus le Seigneur qui pardonne en nous aimant jusqu’au bout, presqu’à la fin. Ce qu’il a fait pour nous, il nous invite à le faire nous-mêmes pour nos frères.

Amen !