Le Saint-Père a reçu vendredi dernier la Commission théologique internationale. Dans son discours, Benoît XVI a repris les thèmes du document intitulé La théologie aujourd’hui : perspectives, principes et critères.

Le Saint-Père Benoît XVI

« Dans un contexte culturel où nombreux sont ceux qui voudraient priver la théologie de statut académique à cause de son lien intrinsèque avec la foi, ou de lui retirer sa dimension confessionnelle, au risque d’en faire une simple science religieuse, ce document rappelle justement que la théologie est à la fois confessionnelle et rationnelle. Sa présence au sein de l’université garantit une vision ample et intégrale de la raison humaine. Parmi les critères énoncés, il y a l’attention que les théologiens doivent réserver au Sensus Fidelium (…) Tout en soulignant le rôle irremplaçable du Magistère, le Concile Vatican II a rappelé que tout le peuple de Dieu participe à la mission prophétique du Christ(…) Le don qu’est le Sensus Fidei constitue chez le croyant comme un instinct surnaturel qui est vital pour la foi même. C’est un critère pour discerner si une vérité appartient ou non à la tradition apostolique, mais aussi le signe de ce l’Esprit ne cesse de parler à l’Église et de la guider vers la vérité complète. Il faut toutefois préciser les critères permettant de distinguer le Sensus Fidei de ses contrefaçons car il ne s’agit pas d’une sorte d’opinion publique ecclésiale. Il serait impensable de l’évoquer pour contester le Magistère car il ne saurait se développer chez le croyant qu’en participant pleinement à la vie de l’Église, qui exige une adhésion responsable à son propre magistère. »

« Ce sens surnaturel de la foi des croyants oblige à réagir contre le préjugé faisant des religions monothéistes des porteurs naturels de violence, du fait même qu’elles affirment l’existence d’une vérité universelle. Certains affirment que seul un polythéisme des valeurs garantirait la tolérance et la paix civile en conformité à l’esprit de la société démocratique et pluraliste… Il est d’abord essentiel de rappeler que la foi dans le Dieu unique(…) rencontre les exigences rationnelles de la réflexion métaphysique, qui renforcée et approfondie par la Révélation du Dieu unique et trine. Il faut ensuite souligner la forme que cette révélation définitive prend dans la vie et la mort de Jésus-Christ, qui va à la croix tel un agneau conduit à l’abattoir. Le Seigneur témoigne du refus radical de toute forme de haine et de violence en faveur de l’absolu primat de l’Agape. Les violences accomplies au long des siècles au nom de Dieu ne sont donc pas attribuables au monothéisme mais à des causes historiques, aux erreurs humaines principalement. C’est au contraire l’oubli de Dieu qui plonge la société dans un relativisme générateur naturel de violence. Lorsqu’on refuse le droit d’en appeler à une vérité objective, le dialogue devient impossible tandis que la violence, déclarée comme cachée, devient la règle des rapports humains. Sans ouverture à la transcendance, qui permet de trouver réponses sur le sens de la vie et la manière de vive moralement, l’homme agit dans l’injustice sans s’engager en faveur de la paix. Si la rupture du lien entre l’homme et Dieu entraîne un profond déséquilibre entre les hommes, la réconciliation opérée avec Dieu sur la Croix(…) représente le fondement de l’unité et de la fraternité. »

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