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Le Sensus Fidei, instinct surnaturel du croyant

par | 13 dรฉcembre 2012

Le Saint-Pรจre a reรงu vendredi dernier la Commission thรฉologique internationale. Dans son discours, Benoรฎt XVI a repris les thรจmes du document intitulรฉ La thรฉologie aujourdโ€™huiย : perspectives, principes et critรจres.

Le Saint-Pรจre Benoรฎt XVI

ยซย Dans un contexte culturel oรน nombreux sont ceux qui voudraient priver la thรฉologie de statut acadรฉmique ร  cause de son lien intrinsรจque avec la foi, ou de lui retirer sa dimension confessionnelle, au risque dโ€™en faire une simple science religieuse, ce document rappelle justement que la thรฉologie est ร  la fois confessionnelle et rationnelle. Sa prรฉsence au sein de lโ€™universitรฉ garantit une vision ample et intรฉgrale de la raison humaine. Parmi les critรจres รฉnoncรฉs, il y a lโ€™attention que les thรฉologiens doivent rรฉserver au Sensus Fidelium (โ€ฆ) Tout en soulignant le rรดle irremplaรงable du Magistรจre, le Concile Vatican II a rappelรฉ que tout le peuple de Dieu participe ร  la mission prophรฉtique du Christ(โ€ฆ) Le don quโ€™est le Sensus Fidei constitue chez le croyant comme un instinct surnaturel qui est vital pour la foi mรชme. Cโ€™est un critรจre pour discerner si une vรฉritรฉ appartient ou non ร  la tradition apostolique, mais aussi le signe de ce lโ€™Esprit ne cesse de parler ร  lโ€™ร‰glise et de la guider vers la vรฉritรฉ complรจte. Il faut toutefois prรฉciser les critรจres permettant de distinguer le Sensus Fidei de ses contrefaรงons car il ne sโ€™agit pas dโ€™une sorte dโ€™opinion publique ecclรฉsiale. Il serait impensable de lโ€™รฉvoquer pour contester le Magistรจre car il ne saurait se dรฉvelopper chez le croyant quโ€™en participant pleinement ร  la vie de lโ€™ร‰glise, qui exige une adhรฉsion responsable ร  son propre magistรจre.ย ยป

ยซย Ce sens surnaturel de la foi des croyants oblige ร  rรฉagir contre le prรฉjugรฉ faisant des religions monothรฉistes des porteurs naturels de violence, du fait mรชme quโ€™elles affirment lโ€™existence dโ€™une vรฉritรฉ universelle. Certains affirment que seul un polythรฉisme des valeurs garantirait la tolรฉrance et la paix civile en conformitรฉ ร  lโ€™esprit de la sociรฉtรฉ dรฉmocratique et pluraliste… Il est dโ€™abord essentiel de rappeler que la foi dans le Dieu unique(โ€ฆ) rencontre les exigences rationnelles de la rรฉflexion mรฉtaphysique, qui renforcรฉe et approfondie par la Rรฉvรฉlation du Dieu unique et trine. Il faut ensuite souligner la forme que cette rรฉvรฉlation dรฉfinitive prend dans la vie et la mort de Jรฉsus-Christ, qui va ร  la croix tel un agneau conduit ร  lโ€™abattoir. Le Seigneur tรฉmoigne du refus radical de toute forme de haine et de violence en faveur de lโ€™absolu primat de lโ€™Agape. Les violences accomplies au long des siรจcles au nom de Dieu ne sont donc pas attribuables au monothรฉisme mais ร  des causes historiques, aux erreurs humaines principalement. Cโ€™est au contraire lโ€™oubli de Dieu qui plonge la sociรฉtรฉ dans un relativisme gรฉnรฉrateur naturel de violence. Lorsquโ€™on refuse le droit dโ€™en appeler ร  une vรฉritรฉ objective, le dialogue devient impossible tandis que la violence, dรฉclarรฉe comme cachรฉe, devient la rรจgle des rapports humains. Sans ouverture ร  la transcendance, qui permet de trouver rรฉponses sur le sens de la vie et la maniรจre de vive moralement, lโ€™homme agit dans lโ€™injustice sans sโ€™engager en faveur de la paix. Si la rupture du lien entre lโ€™homme et Dieu entraรฎne un profond dรฉsรฉquilibre entre les hommes, la rรฉconciliation opรฉrรฉe avec Dieu sur la Croix(โ€ฆ) reprรฉsente le fondement de lโ€™unitรฉ et de la fraternitรฉ.ย ยป

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