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La croyance en Dieu : une forme de pensée infantile – Scott Peck

Nous arrivons ainsi à la question – ou plutôt à la conclusion sous forme interrogative – à laquelle vous vouliez aboutir : « On peut se poser la question suivante : la croyance en Dieu est-elle une maladie ? Est-ce la manifestation d’un transfert, une idée de nos parents provenant du microcosme et incorrectement transférée dans le macrocosme ? Ou, autrement dit, une telle croyance, est-elle une forme de pensée infantile ou primitive dont nous devons nous débarrasser en cherchant de plus hauts niveaux de conscience et de maturité ? »

Sans hésitation je réponds : assurément, la relation à Dieu que vous décrivez relève de la pathologie et doit faire l’objet de soins appropriés. Mais comment pouvez-vous réduire tout le phénomène religieux à une telle pathologie collective ? Comme votre prédécesseur Freud, vous jetez allègrement l’enfant avec l’eau du bain et identifiez pur et simplement la religion à ses déviances pathologiques. Qu’il y ait des formes de religiosité qui relèvent de la névrose obsessionnelle, c’est hélas évident ; tout comme il est évident qu’un certain nombre de croyants sont restés à l’étape infantile de leur relation à Dieu. Mais affirmer comme vous le faites que toutes les croyances religieuses ne sont que des pathologies ou des stagnations dans l’évolution spirituelle de l’individu, est tout simplement malhonnête.

En fait ce soi-disant « raisonnement » n’est qu’une captatio benevolentia ayant pour but de conduire le lecteur à renoncer à ses croyances pour s’engager dans la quête de « niveaux de conscience » supérieurs. Nous retrouvons le thème central du Nouvel Age : le chemin de la vraie religion consisterait pour chacun à découvrir sa propre divinité immanente en expérimentant les états modifiés de sa conscience, auxquels des techniques appropriées peuvent lui donner accès.

Scott Peck est séduisant ; son discours se veut profondément humain, spirituel même : ne va-t-il pas jusqu’à affirmer que « Dieu a toujours été avec nous et le sera toujours » ? Mais il ajoute : « La jonction entre Dieu et l’homme est en partie la jonction entre le conscient et l’inconscient. Pour être plus direct, notre inconscient est Dieu. Dieu qui est en nous. Nous avons toujours fait partie de Dieu. De mon point de vue, l’inconscient collectif est Dieu, le conscient est l’homme en tant qu’individu, et l’inconscient personnel est la jonction entre les deux. »

Inutile de préciser que la croyance en un divin impersonnel, qui s’identifie à l’énergie psychique collective d’où émaneraient nos consciences individuelles, est franchement incompatible avec la foi chrétienne. Vu l’importance de cette thèse qui est au cœur de la psychologie transpersonnelle, nous poursuivrons dans un autre article l’analyse de la précédente citation. Mais nous constatons dès à présent que la déconstruction de la religion « traditionnelle » n’a d’autre but que de lui substituer une religion de remplacement exaltant la divinité de l’inconscient collectif.

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