Un projet théurgique

La plupart des écoles initiatiques contemporaines adoptent la terminologie du Tantrisme, et expliquent l’accès aux états modifiés de conscience en termes d’ouverture des chakras et action des mantras. Le Reiki ne fait pas exception :

« L’initiation produit des effets précis, tels que l’élévation du feu sacré de la base de l’épine dorsale vers celui des centres qui sera l’objet d’une attention particulière : le cinquième, le sixième ou le septième chakra. Ce chakra sera alors intensifié, et verra sa vitesse rotatoire augmentée. Le maître prononce alors “le mot”, ou “la phrase” correspondant à ce degré d’initiation, et la force est ainsi précipitée vers les centres psychiques de l’initié, pour être absorbée par les centres éthériques. »

De même l’imposition des mains sur les patients se fait au niveau des chakras.

L’initiation est supposée mettre l’adepte en contact direct avec l’agent universel, dont il pourra désormais disposer ; plus exactement : dont il pourra désormais solliciter la collaboration.

L’omnipotence de l’initié peut ainsi être considérée par analogie, comme une sorte de reflet de l’omnipotence divine, par fusion avec la Force divine immanente à la nature.

Le document traitant du Reiki confirme la finalité des initiations successives :

« Le but de tout cela ? Devenir le “Je suis ”, nom de l’entité divine, du principe christique de l’homme, de l’entité dont il ressent en lui une goutte, une étincelle, quand il peut dire quand on lui demande “qui es-tu ? ” et qu’il peut répondre “je suis !” »

Le Reiki se situe donc bien dans la perspective théurgique – auto-divinisation de l’homme – que nous retrouvons dans les doctrines ésotérique et occulte. Ce qui n’empêche pas les tenants du Reiki d’affirmer :

« Le Reiki n’est pas une religion, il ne repose sur aucun dogme ou doctrine, il n’est en fait qu’une très ancienne science curative, tombée dans l’oubli depuis des millénaires, et que le Dr. Usui redécouvrit dans l’ésotérisme des soutra tibétains. »

Vers un discernement

Ce bref aperçu suffit pour se convaincre que le Reiki est une pratique occulte, qui se fonde sur les grands principes de la magie :
– invocation des esprits du monde astral dans le but d’exercer avec leur collaboration des pouvoirs thaumaturgiques,
– sur l’horizon d’un mysticisme naturaliste prétendant que l’homme est une émanation de l’énergie divine omniprésente et
– qu’il peut dès lors prétendre à l’omniscience et omnipotence divine ; il lui suffit pour cela d’acquérir la maîtrise de l’énergie dans laquelle il est immergé et dont les initiations successives lui font prendre conscience.

Inutile de préciser qu’il est impossible de concilier une telle pratique magique,
– qui nie la transcendance divine ;
– qui affirme la divinité naturelle de l’homme, et rend ainsi inutile tout recours à un Sauveur ;
– dont l’efficacité se fonde tout entière sur une alliance avec les entités peu fréquentables du monde astral, contactées au cours d’un rituel initiatique occulte,

avec une vie chrétienne qui se veut fidèle à la Révélation (Ecriture, Tradition, Magistère). Il n’est pas étonnant non plus que ce genre de pratiques, qui tirent leur « efficacité » de la collaboration avec les esprits du monde astral, conduisent à moyen ou long terme, à différentes formes d’aliénation – psychique ou spirituelle.