Je crois que la réincarnation ne passionne plus… parce qu’elle est acceptée comme une proposition qui va de soi, un des axiomes fondamentaux du nouveau paradigme culturel qui est en train de s’installer - si ce n’est déjà fait !
Je ne vois pas bien comment la science pourrait balayer une telle question puisqu’elle ne relève pas de sa compétence.
Je ne crois pas non plus que le danger contemporain soit le scientisme : l’utopie scientiste a fait long feu. Le retour du religieux sous les formes nouvelles que les sociologues désignent globalement comme les « nouveaux courants religieux » semble bien être la caractéristique de notre post- ou hyper-modernité (au choix selon les auteurs).
Ce qui n’exclut pas bien sûr – bien au contraire ! – que l’Eglise se prenne clairement position dans les débats éthiques contemporains. Nous ne manquons pas de descendre dans l’arène, rassurez-vous, mais le site « final âge » n’est pas à proprement parlé destiné à ce genre de débats.
réincarnations
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Camille (Paris).
Réincarnation ?
Je crois que vous vous trompez lourdement, et même que vous êtes complètement "à côté de la plaque" pour parler communément.
Je pense au contraire que, exactement comme pour les fameux "O.V.N.I" qui déchaînaient les passions dans les années 70 (et même 80), la question de la réincarnation est purement et simplement périmée aujourd'hui, parce que la science est passée par-là en nous enseignant que l'homme est, au même titre que les autres animaux, "un paquet de matière en mouvement". Cela dit je ne prends pas parti, je constate un fait.
Vous me direz, le matérialisme a toujours existé à toutes les époques. Mais le danger aujourd'hui (qui n'existait pas hier) c'est que la Technique permet de mettre en évidence de nombreuses vérités jusqu'alors insoupçonnées.
Je vous cite (de mémoire) Philippe Meyer : "Dans l'état des neurosciences, la pensée, la mémoire, consistent en une modification physico-chimique de la matière cérébrale". (L'oeil et le cerveau, Odile Jacob).
Et je crois que le jour où on parviendra à réaliser la synthèse en laboratoire de ne serait-ce qu'une molécule d'ADN (dont on connaît parfaitement la constitution physico-chimique) n'est peut-être pas si éloigné de nous... Ce sera alors la preuve formelle que le matérialisme a raison et que "l'homme doit choisir entre le Royaume (de la science) et les Ténèbres (i.e le néant)".
Je pense au contraire que, exactement comme pour les fameux "O.V.N.I" qui déchaînaient les passions dans les années 70 (et même 80), la question de la réincarnation est purement et simplement périmée aujourd'hui, parce que la science est passée par-là en nous enseignant que l'homme est, au même titre que les autres animaux, "un paquet de matière en mouvement". Cela dit je ne prends pas parti, je constate un fait.
Vous me direz, le matérialisme a toujours existé à toutes les époques. Mais le danger aujourd'hui (qui n'existait pas hier) c'est que la Technique permet de mettre en évidence de nombreuses vérités jusqu'alors insoupçonnées.
Je vous cite (de mémoire) Philippe Meyer : "Dans l'état des neurosciences, la pensée, la mémoire, consistent en une modification physico-chimique de la matière cérébrale". (L'oeil et le cerveau, Odile Jacob).
Et je crois que le jour où on parviendra à réaliser la synthèse en laboratoire de ne serait-ce qu'une molécule d'ADN (dont on connaît parfaitement la constitution physico-chimique) n'est peut-être pas si éloigné de nous... Ce sera alors la preuve formelle que le matérialisme a raison et que "l'homme doit choisir entre le Royaume (de la science) et les Ténèbres (i.e le néant)".
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Louis
scientisme nouvelle religion
P. Joseph-Marie a écrit :Je ne crois pas non plus que le danger contemporain soit le scientisme : l’utopie scientiste a fait long feu.
Je rejoins l'avis de Camille.
Après m'être interessé longuement aux problèmes d'environnement et aux nouvelles découvertes comme la génétique, et après avoir lu et entendu des scientifiques réputés dans leurs domaines, il est clair pour moi que le scientisme est la nouvelle religion. Leurs propos sont effrayants et cela ne repose que sur la croyance que la science va tout arranger dans le futur, voir même pour l'homme atteindre un jour l'immortalité grace à la génétique!
De plus lorsque science et économie sont mélées (comme par exemple pour les OGM et le nucléaire) attention danger!
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quidam
Re: La réincarnation et le purgatoire ...
Je crois que la réincarnation est une illusion,
Moi aussi, et même qu'il faut être complètement cinglé pour croire à toutes ces sornettes ! Les moines qui lévitent (plus haut ils léviteront plus dure sera la chute !) et ces sornettes de gens qui se réincarnent dans des animaux: rien à cirer !
Moi aussi, et même qu'il faut être complètement cinglé pour croire à toutes ces sornettes ! Les moines qui lévitent (plus haut ils léviteront plus dure sera la chute !) et ces sornettes de gens qui se réincarnent dans des animaux: rien à cirer !
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P. Joseph-Marie
- Messages : 1010
- Enregistré le : lun. 29 sept. 2003 13:16
Tout dépend à quel niveau vous vous mettez : si vous évoluez dans le milieu scientifique, vous pouvez y trouver le discours que vous répercutez. Mais les sociologues ne vous renverrons pas cette vision, et c’est quand même leur métier de voir les grandes orientations de l’opinion, au niveau d’une nation, d’une culture, voire de la planète. Il y a certes une évolution inquiétante dans certains domaines de la science, mais aujourd’hui la « science-religion-qui-résout-tout » est dépassée. Il suffit de lire les ouvrages de (souvent pseudo-) philosophie que commettent les auteurs scientifiques qui ont été gratifiés de l’un ou l’autre prix : ils sont en quête de sens comme tout un chacun, et avouent que ce n’est pas dans leur discipline qu’il le trouveront.
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Camille (paris).
Le corporel, l'immatériel et le spirituel.
Vous oubliez que le darwinisme est "la science normale" du vivant (Khun) i.e en accord avec l'exigence phénoméniste, nominaliste, positiviste de la recherche scientifique, et que dans cette perspective, l'"esprit" (ou l'"âme") immatériel ou spirituel, cela n'existe pas.
Je vous cite François Jacob :"On voit mal comment un esprit immatériel ou spirituel aurait pu surgir d'un processus d'évolution par sélection naturelle. On peut difficilement éviter de conclure que la vie est un produit de l'organisation des molécules, tout comme l'esprit est un produit de l'organisation du cerveau." (Le jeu des possibles, p.116).
Alors maintenant ce qui échoit aux philosophes chrétiens, c'est de justifier rationnellement ce qu'ils entendent par "esprit", "immortalité de l'âme humaine" , "Résurrection de la chair" (i.e du "corps", mais lequel en l'occurence? Faut-il dire avec Varillon : "Mon corps c'est mon histoire"?).
Je vous cite François Jacob :"On voit mal comment un esprit immatériel ou spirituel aurait pu surgir d'un processus d'évolution par sélection naturelle. On peut difficilement éviter de conclure que la vie est un produit de l'organisation des molécules, tout comme l'esprit est un produit de l'organisation du cerveau." (Le jeu des possibles, p.116).
Alors maintenant ce qui échoit aux philosophes chrétiens, c'est de justifier rationnellement ce qu'ils entendent par "esprit", "immortalité de l'âme humaine" , "Résurrection de la chair" (i.e du "corps", mais lequel en l'occurence? Faut-il dire avec Varillon : "Mon corps c'est mon histoire"?).
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P. Joseph-Marie
- Messages : 1010
- Enregistré le : lun. 29 sept. 2003 13:16
Le scientifique ne prend pas en compte l’esprit par décision épistémologique et non ontologique (c’est pourquoi le verbe « exister » est mal choisi). Les sciences empirico-formelles ont choisi de se limiter dans leur recherche aux causes antérieures et de même nature (donc matérielles) que les phénomènes (matériels) étudiés. Ce réductionnisme épistémologique est tout à fait légitime et même nécessaire : il délimite le champ de chaque discipline. Mais il devient idéologique lorsqu’il dérive en affirmation ontologique comme vous semblez le faire.
La citation de Fr. Jacob est un bel exemple de cette sortie indue du cadre épistémologique de la biologie. Que Mr Jacob conclue de ses recherches que la vie est un produit de l’organisation des molécules relève de sa compétence et de sa responsabilité. Mais la suite ne se justifie pas pour autant : qui ne voit qu’il met en rapport deux termes qui ne se situent guère sur le même niveau : l’esprit et le cerveau ? Si encore il avait parlé de l’intelligence - plus exactement d’une certaine forme d’intelligence associative (et non réflexive) – nous aurions pu accepter cette proposition, car il y a bien un fondement biologique à l’intelligence associative. Mais l’esprit est par définition ce qui ne se réduit pas à la matière. Le scientifique matérialiste peut toujours prétendre que rien n’existe hormis la matière : c’est son droit ; mais il s’agit d’un a priori philosophique et non d’une conclusion scientifique. Sur l’esprit il ne peut strictement rien dire en tant que scientifique puisqu’il ne relève pas de son domaine d’étude.
Le philosophe doit effectivement expliquer ce qu’il entend par « esprit », « immortalité de l’âme », etc. ; mais il n’a pas à se « justifier » devant un tribunal de la science qui n’a aucune compétence dans ce domaine, qui n’appartient pas à son champ d’investigation.
La citation de Fr. Jacob est un bel exemple de cette sortie indue du cadre épistémologique de la biologie. Que Mr Jacob conclue de ses recherches que la vie est un produit de l’organisation des molécules relève de sa compétence et de sa responsabilité. Mais la suite ne se justifie pas pour autant : qui ne voit qu’il met en rapport deux termes qui ne se situent guère sur le même niveau : l’esprit et le cerveau ? Si encore il avait parlé de l’intelligence - plus exactement d’une certaine forme d’intelligence associative (et non réflexive) – nous aurions pu accepter cette proposition, car il y a bien un fondement biologique à l’intelligence associative. Mais l’esprit est par définition ce qui ne se réduit pas à la matière. Le scientifique matérialiste peut toujours prétendre que rien n’existe hormis la matière : c’est son droit ; mais il s’agit d’un a priori philosophique et non d’une conclusion scientifique. Sur l’esprit il ne peut strictement rien dire en tant que scientifique puisqu’il ne relève pas de son domaine d’étude.
Le philosophe doit effectivement expliquer ce qu’il entend par « esprit », « immortalité de l’âme », etc. ; mais il n’a pas à se « justifier » devant un tribunal de la science qui n’a aucune compétence dans ce domaine, qui n’appartient pas à son champ d’investigation.