Bonjour mon père,
Une question qui me torture :
Comment le christianisme interprète t'il l'évolution ?
Si dans l'avenir il était prouvé que l'homme provient d'une sorte d'abime, celà ne metttrait t-il pas en cause la Genèse même si on interprète celle-ci d'un point de vue allégorique ?
Science et foi
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P. Joseph-Marie
- Messages : 1010
- Enregistré le : lun. 29 sept. 2003 13:16
Nous n’avons pas à interpréter l’évolution : s’il s’agit d’une théorie scientifique, nous la recevons avec le degré de vérité ou de vraisemblance que lui attribue la science compétente. La foi ne juge pas les théories scientifiques, mais nous parle de l’origine et de la fin de notre monde créé, ce dont la théorie de l’évolution ne dit rien (et ne peut rien dire). Le pape Pie XII affirmait déjà en 1950, dans son Encyclique Humain generis, qu’il n’y a pas d’opposition entre la théorie de l’évolution et la foi, à condition de ne pas en tirer des conséquences réductrices. Ainsi il ne découle pas du tout de l’évolution que l’homme descendrait du singe ! Qu’il y ait eu une préparation de ce qui deviendra le corps de l’homme, dans le monde animal, ne signifie pas que l’homme « émerge » du monde animal : nous maintenons que Dieu insuffle dans chaque individu, l’âme rationnelle au moment de la conception ; et c’est la présence de cette âme rationnelle qui distingue radicalement le fœtus humaine de tout le monde animal, et qui fait de cet embryon un fils de Dieu en puissance. Le pape Jean-Paul II a confirmé à plusieurs reprises cette affirmation.
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Invité
Bonjour père,
la question qui me taraude est alors: à partir de quand peut-on affirmer qu'on et en présence d'un être humain? En effet, si on prend pour exemple les néandertaliens, qui enterraient leurs défunts, la question se pose, d'autant plus qu'il semble que néandertaliens et hommes modernes forment 2 espèces distinctes au sens biologique du terme, tout en étant contemporains (de même que homo floresiensis). Sans aller jusque là, il est frappant de voir des animaux comme les éléphants avoir une sorte de conscience de la mort, ces derniers s'adonnant à une sorte de rite funéraire qui consiste à se passer les os d'un animal mort, comme cela se fait chez certains peuples humains.
Quand à la question du péché originel, je me demande aussi de quel type d'évennement il peut s'agir, puisque les conséquences de ce péché (2nd principe, mort, souffrance,...) semblent avoir une portée qui englobe toute l'histoire de l'univers, bien avant l'apparition de l'homme proprement dite, il n'y a pas un avant et un après. La création de l'homme par Dieu serait-elle un évennement qui est intervenu en dehors du temps, de nature métaphysique?
Wàng
la question qui me taraude est alors: à partir de quand peut-on affirmer qu'on et en présence d'un être humain? En effet, si on prend pour exemple les néandertaliens, qui enterraient leurs défunts, la question se pose, d'autant plus qu'il semble que néandertaliens et hommes modernes forment 2 espèces distinctes au sens biologique du terme, tout en étant contemporains (de même que homo floresiensis). Sans aller jusque là, il est frappant de voir des animaux comme les éléphants avoir une sorte de conscience de la mort, ces derniers s'adonnant à une sorte de rite funéraire qui consiste à se passer les os d'un animal mort, comme cela se fait chez certains peuples humains.
Quand à la question du péché originel, je me demande aussi de quel type d'évennement il peut s'agir, puisque les conséquences de ce péché (2nd principe, mort, souffrance,...) semblent avoir une portée qui englobe toute l'histoire de l'univers, bien avant l'apparition de l'homme proprement dite, il n'y a pas un avant et un après. La création de l'homme par Dieu serait-elle un évennement qui est intervenu en dehors du temps, de nature métaphysique?
Wàng
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P. Joseph-Marie
- Messages : 1010
- Enregistré le : lun. 29 sept. 2003 13:16
Je tremble : voilà que nous reprenons pour la troisième fois cette même discussion !!!:?
Il me semble que le moteur de recherche va se rouiller et ne sert finalement pas à grand-chose !
La question : quand l’homme est-il apparu sur terre ? relève de la paléontologie. Encore faut-il définir auparavant les critères de distinction entre un pré-hominien et un homme. Or ce n’est pas simple, car cela suppose que nous ayons défini la spécificité de l’être humain, ce qui relève de la philosophie, et ne fait pas l’unanimité.
On peut cependant dire de manière générale que l’homme, à la différence du pré-hominien, est capable de ré-flexion, c'est-à-dire peut prendre de la distance par rapport à son action et lui imprimer un sens. Autrement dit, c’est l’apparition de la culture qui serait le signe que le « pas de l’hominisation » (pour employer l’expression de Teilhard de Chardin) a été accompli.
Mais ce principe n’est pas pour autant simple à mettre à pratique : car vous imaginez bien que la culture des premiers hommes est élémentaire, et ne se distingue que difficilement des activités sociales instinctives - souvent très complexes (vous citez vous-mêmes quelques exemples) - des animaux supérieurs. C’est bien cette difficulté qui explique que les paléontologues ne parviennent pas toujours à se mettre d’accord entre eux et hésitent encore de nos jours à fixer cette fameuse « date » et ce « lieu » de l’hominisation.
Pour ce qui est du péché originel, vous touchez le point délicat : le péché de l’homme est advenu dans la création primordiale. Nous habitons la création déchue, c'est-à-dire la création marquée par les conséquences de cette faute originelle, dont les répercussions ont été « cosmiques » (comme disent certains Pères de l’Eglise). Autrement dit, nous ne pourrons jamais « localiser » le jardin d’Eden (dans l’espace) ni dater (dans le temps) le moment où nos premiers parents ont accomplis cette transgression, car l’univers dans lequel ils vivaient ne se situait pas dans le même espace-temps que le nôtre.
Il me semble que le moteur de recherche va se rouiller et ne sert finalement pas à grand-chose !
La question : quand l’homme est-il apparu sur terre ? relève de la paléontologie. Encore faut-il définir auparavant les critères de distinction entre un pré-hominien et un homme. Or ce n’est pas simple, car cela suppose que nous ayons défini la spécificité de l’être humain, ce qui relève de la philosophie, et ne fait pas l’unanimité.
On peut cependant dire de manière générale que l’homme, à la différence du pré-hominien, est capable de ré-flexion, c'est-à-dire peut prendre de la distance par rapport à son action et lui imprimer un sens. Autrement dit, c’est l’apparition de la culture qui serait le signe que le « pas de l’hominisation » (pour employer l’expression de Teilhard de Chardin) a été accompli.
Mais ce principe n’est pas pour autant simple à mettre à pratique : car vous imaginez bien que la culture des premiers hommes est élémentaire, et ne se distingue que difficilement des activités sociales instinctives - souvent très complexes (vous citez vous-mêmes quelques exemples) - des animaux supérieurs. C’est bien cette difficulté qui explique que les paléontologues ne parviennent pas toujours à se mettre d’accord entre eux et hésitent encore de nos jours à fixer cette fameuse « date » et ce « lieu » de l’hominisation.
Pour ce qui est du péché originel, vous touchez le point délicat : le péché de l’homme est advenu dans la création primordiale. Nous habitons la création déchue, c'est-à-dire la création marquée par les conséquences de cette faute originelle, dont les répercussions ont été « cosmiques » (comme disent certains Pères de l’Eglise). Autrement dit, nous ne pourrons jamais « localiser » le jardin d’Eden (dans l’espace) ni dater (dans le temps) le moment où nos premiers parents ont accomplis cette transgression, car l’univers dans lequel ils vivaient ne se situait pas dans le même espace-temps que le nôtre.
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Invité