bonjour,
suite à votre conférence d'hier soir à Toulouse, plusieurs questions me sont venues à l'esprit... sans bien sûr pouvoir obtenir de réponse, du fait du nombre des participants.
* En premier lieu, connaissez-vous le groupe de "musique" Muse? Un de mes proches écoute cela, et , je ne sais pourquoi, peut-être cette voix trainante... bref je ne supporte pas de l'entendre. Idem pour Disturbed (déjà le nom me dérange!) ou Blurr. Ca me fait vraiment mal à la tête. Mais comme vous en parliez au sujet d'Harry Potter, je crains de ne plus pouvoir parler de ça avec ce proche.
* Ensuite, au sujet de Dieu. Transcendance est différent d'immanence. Jusque là, j'ai compris. Mais dans ma paroisse de campagne, l'éducation des jeunes est un désastre (j'ai aussi des proches pour parler en connaissance de cause)... et le curé me dit que cela vient d'un changement de la méthode : on n'enseigne pas ce qui touche à Dieu, au Christ, etc. on prend l'enfant tel qu'il est. D'une part l'enseignement de Dieu est sensé s'adapter à chaque âge, et d'autre part ça me fait singulièrement penser à l'immanence dont vous parliez. Mes propos vont loin, mais c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Tout doit être festif... sous prétexte que les jeunes ne viendraient pas. Le curé a même donné un cours de verlan ("ouf" veut dire "fou", "meuf" veut dire "femme"...) pour que les vieux comprennent leurs enfants. Pour moi, c'est comme une messe de Noël dans "Un roi sans divertissement" de Giono. Il n'y a plus de transcendance, tout est vide, tout n'est plus que divertissement. Résultat ma cousine dit : je ne vais plus à la messe car "ce n'est pas intéressant".
Et je la comprends! C'est un tout qui lui est proposé et quelque part elle réagit bien. Mais comment réagit le curé à qui j'ai parlé de cette situation : "vous comprenez, c'est la même chose pour de nombreux jeunes"...
Pour rejoindre l'idée de divertissement, peut-être n'est-ce pas un thème de ce forum, mais il me semble vraiment que c'est lié avec un anthropodéisme sous-jacent plus ou moins conscient : l'homme doit être satisfait à court terme, à Dieu de se plier... s'il est encore là. Cette situation est grave, enfin, me semble-t-il.
* Dernière chose pour le synchrétisme : une de mes tantes est très "active" dans sa paroisse parisienne. Elle est à la pointe de la modernité et très au fait des nouvelles pédagogies de l'Eglise. Ses enfants vont chez les scouts, etc. Bien sûr, elle est très favorable à l'oecuménisme... au sens d'un véritable synchrétisme! Mais cette conception est tout à fait normale en Eglise, paraît-il. Pour reprendre la situation, on voit l'arbre à ses fruits et c'est triste de voir les conséquences sur mes cousins. Vous en pensez quoi?
J'avoue que c'est un peu long. Merci quand même pour votre réponse.
Julien
Eglise catholique - Dieu immanent - synchrétisme
-
P. Joseph-Marie
- Messages : 1010
- Enregistré le : lun. 29 sept. 2003 13:16
Je reconnais ne pas connaître le nom de tous les groupes rock ou gothiques du moment. Mais en général la bonne méthode consiste à lire les paroles sur la couverture pour se rendre compte de quoi il s’agit.
Je suis tout à fait d’accord avec votre analyse : je crois moi aussi que c’est très grave de négliger l’ouverture à la transcendance ou de l’occulter en concentrant l’attention de notre jeunesse sur les énergies immanentes de ce monde, voire de leur propre être. Supprimer la Transcendance, et vous faites fleurir les naturalismes en tout genre, comme nous le voyons autour de nous de nos jours. Comment nos jeunes pourraient-ils se douter que tout n’est pas dit dans ces doctrines, si nos propres formateurs démissionnent ? (Je ne vise pas le curé dont vous parlez, mais je parle d’une manière générale). Je ne prétends pas qu’enseigner la doctrine chrétienne est facile de nos jours, ni que ce genre d’enseignement fait salle comble, mais à quoi bon avoir plus de monde au caté si ce n’est pas pour former des chrétiens ?
Pour ce qui est du syncrétisme, ma réponse sera celle de l’Eglise : il n’y a pas de pire poison, car sous prétexte de « tolérance », on cherche un plus petit commun dénominateur aux diverses religions, et comme la proposition chrétienne ne fait pas l’unanimité, les croyants sont invités à se ranger à l’avis des naturalismes !
Si les hommes pouvaient trouver le chemin vers Dieu sans la Révélation, il n’y avait aucune raison que Jésus vienne parmi nous, et encore moins qu’il meure sur une croix. Or dans ces syncrétismes, les deux points de la doctrine chrétienne qu’on supprime d’amblée, sont précisément l’incarnation et la rédemption. Si j’ajoute qu’en général la Trinité n’est guère mieux traitée, vous aurez compris qu’au terme, il ne reste plus grand-chose de notre foi !
Je suis tout à fait d’accord avec votre analyse : je crois moi aussi que c’est très grave de négliger l’ouverture à la transcendance ou de l’occulter en concentrant l’attention de notre jeunesse sur les énergies immanentes de ce monde, voire de leur propre être. Supprimer la Transcendance, et vous faites fleurir les naturalismes en tout genre, comme nous le voyons autour de nous de nos jours. Comment nos jeunes pourraient-ils se douter que tout n’est pas dit dans ces doctrines, si nos propres formateurs démissionnent ? (Je ne vise pas le curé dont vous parlez, mais je parle d’une manière générale). Je ne prétends pas qu’enseigner la doctrine chrétienne est facile de nos jours, ni que ce genre d’enseignement fait salle comble, mais à quoi bon avoir plus de monde au caté si ce n’est pas pour former des chrétiens ?
Pour ce qui est du syncrétisme, ma réponse sera celle de l’Eglise : il n’y a pas de pire poison, car sous prétexte de « tolérance », on cherche un plus petit commun dénominateur aux diverses religions, et comme la proposition chrétienne ne fait pas l’unanimité, les croyants sont invités à se ranger à l’avis des naturalismes !
Si les hommes pouvaient trouver le chemin vers Dieu sans la Révélation, il n’y avait aucune raison que Jésus vienne parmi nous, et encore moins qu’il meure sur une croix. Or dans ces syncrétismes, les deux points de la doctrine chrétienne qu’on supprime d’amblée, sont précisément l’incarnation et la rédemption. Si j’ajoute qu’en général la Trinité n’est guère mieux traitée, vous aurez compris qu’au terme, il ne reste plus grand-chose de notre foi !
-
Jean-Marie
P. Joseph-Marie a écrit :.... Si les hommes pouvaient trouver le chemin vers Dieu sans la Révélation, il n’y avait aucune raison que Jésus vienne parmi nous, et encore moins qu’il meure sur une croix. Or dans ces syncrétismes, les deux points de la doctrine chrétienne qu’on supprime d’amblée, sont précisément l’incarnation et la rédemption. Si j’ajoute qu’en général la Trinité n’est guère mieux traitée, vous aurez compris qu’au terme, il ne reste plus grand-chose de notre foi !
Bonjour
Puis-je déduire de ces trois dernières phrases que la Trinité, l'Incarnation et la Rédemption (+ (à mon sens) l'Immaculée Conception et la Virginité mariale) sont les trois (quatre ou cinq) dogmes fondamentaux auxquels tous les autres enseignements dogmatiques ou doctrinaux sont subordonnés?
Amitié
Jean-Marie
-
P. Joseph-Marie
- Messages : 1010
- Enregistré le : lun. 29 sept. 2003 13:16
Le mot « dogme » s’applique aux vérités définies par le magistère extraordinaire de l’Eglise (pape ou concile œcuménique) comme appartenant à la foi de celle-ci. Mais le terme peut également être étendu aux vérités contenues dans la Parole de Dieu telle que l’expose unanimement le magistère ordinaire de l’Eglise, même si ces vérités n’ont jamais fait l’objet d’une définition conciliaire ou papale.
La Trinité, l’incarnation, la rédemption constituent les trois mystères centraux de notre foi. En tant que tels ils ont fait l’objet d’une formulation dogmatique puisqu’ils ont été proclamés sous forme de Credo par des Conciles œcuméniques (Nicée, Constantinople).
L’Immaculée Conception et l’Assomption ont été proclamés solennellement et érigés en dogme respectivement par le pape Pie IX (8 décembre 1854) et Pie XII (1er novembre 1950).
Quant à la Virginité perpétuelle de Marie, elle fut solennellement proclamée au Concile du Latran en 649 par le pape Martin I.
Bien des vérités de notre foi n’ont d’ailleurs jamais été proclamées solennellement « ex cathedra » ; en général, le pape ou un concile n’érige en dogme que les vérités de la foi qui sont menacées par de fausses doctrines ou par des interprétations déviantes.
La Trinité, l’incarnation, la rédemption constituent les trois mystères centraux de notre foi. En tant que tels ils ont fait l’objet d’une formulation dogmatique puisqu’ils ont été proclamés sous forme de Credo par des Conciles œcuméniques (Nicée, Constantinople).
L’Immaculée Conception et l’Assomption ont été proclamés solennellement et érigés en dogme respectivement par le pape Pie IX (8 décembre 1854) et Pie XII (1er novembre 1950).
Quant à la Virginité perpétuelle de Marie, elle fut solennellement proclamée au Concile du Latran en 649 par le pape Martin I.
Bien des vérités de notre foi n’ont d’ailleurs jamais été proclamées solennellement « ex cathedra » ; en général, le pape ou un concile n’érige en dogme que les vérités de la foi qui sont menacées par de fausses doctrines ou par des interprétations déviantes.