foi et medecine

P.Joseph-Marie

Re: foi et medecine

Message par P.Joseph-Marie »

Sincèrement, au risque de vous décevoir, je ne crois pas. Il me semble que le Seigneur nous a donné des talents naturels, qu'il féconde de sa grâce, certes, mais qui sont appelés à être utilisés tels qu'Il nous les a donnés. Pour l'approfondissement des choses de ce monde, notre intelligence est appelée à fonctionner dans la lumière de la raison naturelle. La lumière de la grâce (la foi) ne nous est donnée que pour connaître Dieu en tant qu'Il se révèle, car en tant que tel, Il demeure hors de la portée de nos facultés naturelles.
Il me semble donc qu'il n'y a pas d'autre médecine de Dieu que celle qu'il nous fait découvrir par le biais des efforts de notre intelligence naturelle, avec l'aide du don de science. Autrement dit, il s'agit selon moi d'une médecine avec Dieu, pour reprendre votre terminologie. Dieu n'a que votre intelligence pour discerner la maladie, vos mains pour soigner, votre coeur pour aimer. Et heureusement sa grâce pour suppléer à nos manquements.

dr lezy

Re: foi et medecine

Message par dr lezy »

Bien cher père

Merci de votre reponse ,ne peut on , sans vouloir contrer vos dires, penser à une medecine de Dieu vivant en nous comme les mystiques nous l'ont indiqué ***et plus pres de nous à notre st père qui dans novo millenium innuente , nous invite à un renouveau profond au point d'être "possédé " par notre seigneur ( ce mot m'a beaucoup frappé !). Possedant par l'etat de grâce notre âme , notre Seigneur ne peut il( Dieu ) agir par" notre intelligence pour discerner la maladie, nos mains pour soigner, notre coeur pour aimer" ? pour reprendre les termes de votre Email. ne pouvons nous pas ainsi comm l'on tant fait de saints avant nous retrouver cette douce intimité avec notre " bon maître" qui caracterisait la vie de nos premiers parents avant la chute originelle?

Il me semble, pour tout dire, que la valeur d'une medecine quelque soit la technique qu'elle choisisse depend surtout du degré d'intimité ( consciente ou non) que le medecin a avec son créateur et qu'il nous faudrait avant d'envisager de nouvelles techniques travailler à la reconciliation de notre medecine avec l'amour de Dieu. les abominations actuelles de notre medecine ( vous parliez clonage...) ne sont ils pas des symptomes terribles que notre medecine a perdu son âme en reniant dans les faits l'obeissance à son créateur .Il y a qques années, JP II dans un discours sur les methodes de regulation des naissances , assimilait la contraception à "la revolte contre le Dieu Créateur" ( dans la droite ligne de ses predecesseurs cf PIE XI dans casti connubii ou encore PIEXII dans le celebre discours aux sages femmes.

Mais je vous laisse la parole assoiffé que je suis de vos lumières
Avec mon amitié en cette belle fête de la presentation de notre Seigneur , qui est aussi celle des consacrés , je me permets de vous souhaiter une bonne fête à vous et à toute votre communauté.

dr lezy etienne


***( je pense à ste elisabeth de la trinité qui parle dans son testament du 21/11/1904 d'humanité de surcroit :
-"Que ma vie ne soit qu'un rayonnement de votre vie "
-"Venez en moi comme Adorateur, comme Reparateur et comme Sauveur"
-"O feu consumant, esprit d'amour, survenez en moi afin qu'il se fasse en mon âme comme une incarnation du verbe; que je lui sois une humanité de surcroit en laquelle il renouvelle tout son mystère"

dr lezy

Re: foi et medecine

Message par dr lezy »

Cher Père

Votre réaction m' a donc interpellé , je cherche et trouve ce passage ;
-le Pape s’exprimait lors d’une audience générale le 10 octobre 1990 :
L’une des expressions les plus élevées et les plus attirantes de cette foi qui, sous la plume de Paul devient la communication à l’Eglise d’une vérité révélée, est celle de «l'inhabitation » de l’Esprit Saint dans les croyants qui constituent son temple. « Ne savez-vous pas que vous êtes un temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? » (1 Co 3,16 ). Le verbe habiter a généralement pour sujet une personne. Dans ce cas, il s’agit de « l’inhabitation » d’une personne divine dans des personnes humaines. C’est un fait de nature spirituelle, un mystère de grâce et d’amour éternel qui est attribué à l’Esprit Saint. Cette habitation intérieure influence l’homme tout entier, tel qu’il est, concrètement et dans tout son être, que l’Apôtre désigne à plusieurs reprises comme « corps »...
Ainsi le rayonnement de «l'inhabitation » divine dans l’homme s’étend à tout son être, à toute sa vie, dans tous ses éléments constitutifs et dans toutes ses applications opérationnelles... Cet Esprit, vivant dans la Trinité, est présent, en vertu de la Rédemption opérée par le Christ, dans l’homme tout entier qui se laisse «habiter » par Lui, dans toute l’humanité qui Le reconnaît et L’accueille.

Voilà , pour moi la "solution" à tous nos problemes , pouriez vous nous parler de cette inhabitation ? est elle incompatible avec une medecine DE Dieu

Dans la joie de pouvoir parler avec vous du BON DIEU

Amities

dr lezy etienne

P.Joseph-Marie

Re: foi et medecine

Message par P.Joseph-Marie »

Cette inhabitation de Dieu dans l’âme est effectivement le but même de la vie chrétienne. Nous sommes créés pour être les Temples du Très-Haut et pour être progressivement transformés en celui qui nous fait la grâce de vouloir demeurer en nous. La divinisation – thème cher aux Pères grecs – ou la sanctification – terme équivalent dans l’Eglise d’Occident – signifient cette transformation ontologique qui nous élève jusqu’à une certaine communion avec la nature divine, de manière à pouvoir le connaître comme il se connaît lui-même dans l’Esprit.
Mais si la grâce présuppose la nature, elle ne la surélève qu’à partir de ce qu’elle est, et dans son exercice propre. L’intelligence des saints est toujours une intelligence naturelle, même si elle est illuminée intérieurement par la grâce divine ; et lorsqu’elle traite de choses naturelles, ce sont les lumières de la raison naturelle qui la guide. Ce n’est pas parce que nous avançons sur le chemin de sainteté que nous commencerions à fonctionner comme des Anges, qui eux jouissent de la connaissance infuse, c'est-à-dire d’une connaissance immédiate en Dieu. Nous aurons toujours à passer par la connaissance sensible, rationnellement élaborée si nous voulons aboutir à des actions concrètes dont nous portons la responsabilité.
Je ne dis pas que Dieu est absent de ce processus : Saint Paul écrivait bien « ce n’est plus moi qui vis, mais Christ qui vit en moi ». Pourtant c’était bien Paul qui réfléchissait, prêchait, agissait, mais dans la lumière et la force de l’Esprit. Nous touchons ici cette mystérieuse synergie entre nature et grâce, où chacun – Dieu et nous - participe pour sa part à l’action. Mais la part qui revient à Dieu n’altère pas la nôtre ; les saints ne fonctionnent pas sur un autre mode que nous : ils sont seulement davantage « habités » que nous.

P.Joseph-Marie

Re: foi et medecine

Message par P.Joseph-Marie »

Il me semble qu'il y a deux choses:
- une conception réductrice de l'homme, qui conduit à une médecine inhumaine;
- un manque d'humilité de l'homme contemporain, trop sûr de lui pour se tourner vers Dieu dont il n'attend plus rien.
Je redis que nous n’avons pas à attendre de Dieu qu’il pose le diagnostic à notre place ; mais il est bon de lui rendre grâce pour les facultés qu’il nous donne et de lui demander de pouvoir en utiliser pour sa gloire et le bien de ceux qu’il nous confie.

Bernard

Re: foi et medecine

Message par Bernard »

Excusez-moi de jouer les candides, mais, je crains que l'on cherche midi à 14 heures.

Il y a d'abord l'aspect des techniques médicales. Soit on fait confiance aux chercheurs fondamentalistes pour améliorer les techniques et les molécules à notre disposition quant à l'efficacité et la tolérance. A mon avis, ces chercheurs ne sont ni pires ni meilleurs que le reste de l'humanité. Soit on n'est pas satisfait de ce qui est à notre disposition et on risque de tomber dans le piège des faiseurs de mirages de tous ordres, vous l'avez rappelé dans un mail du début.

Il y a ensuite l'aspect de la façon d'exercer la médecine et c'est là que "Dieu frappe à notre porte, comme un mendiant, et que si nous ouvrons, il viendra dîner avec nous". C'est à la fois simple et terriblement compliqué. J'ai mis des années avant de comprendre que si nous nous abandonnons à Dieu dans la prière et la confiance absolue, il rentre réellement en nous et exerce la médecine à notre place. Nous devenons alors son instrument et son serviteur. Saint Paul n'a-t-il dans une épitre à Timothée, que Dieu ne peut rien faire sans nous. Concrètement cela se traduit de diverses manières: sensations d'être traversé fugitivement par des élans d'Amour de Dieu vers le malade, intuitions de tous ordres, dépassant la logique rationnelle etc... Mais attention ceci nécessite de garder la vigilance et le discernement de la prière quasi-permanente, car là aussi l'ennemi nous attend. J'ai parlé aussi de l'aide de Saint Raphaël, qui est un merveilleux archange dans ce domaine.

Père Joseph Marie, j'aimerais avoir votre avis et votre discernement. Considérez-vous que cela puisse répondre à une recherche et une ébauche de médecine de Dieu?

P.Joseph-Marie

Re: foi et medecine

Message par P.Joseph-Marie »

Pas plus ni moins que toute autre activité humaine, qui est toujours appelée à être accomplie en synergie avec l'Esprit Saint. Que je sois viticulteur, charpentier ou médecin.
Croyez-vous que Jésus ait exercé de la menuiserie "en Dieu"? N'a-t-il pas plutôt exercé son art de charpentier, apris à l'école de Saint Joseph, en y mettant tout son coeur, et en accompagnant son travail de prière? Croyez vous que ce soit Dieu qui façonnait les charrues, ou Jésus? (Ne jouons pas sur les mots: bien sûr que Jésus est Dieu, mais vous comprenez ce que je veux dire; je pourrais préciser: croyez vous que ce soit en raison de sa nature divine que le Fils de Dieu ait pu faire des charrues, ou grâce à sa nature humaine?)
Bref je ne vois pas comment Dieu pourrait exercer la médecine à votre place, ni comment Dieu le Père aurait pu exercer la menuiserie à la place de Jésus.

Verrouillé