Mon Père,
A la suite d'une rupture sentimentale il y a plusieurs années, j'ai commencé à consulter des voyant(e)s. Je suis tombé dans un véritable engrenage de dépendance psychologique. En quatre ans, j'ai dépensé quarante mille francs. Il m'arrivait de consulter plusieurs personnes par semaine.
Au fil des mois, je me suis vite aperçu que l'avenir n'était jamais au rendez-vous et que la voyance était un très dangereux attrape-nigauds. Ce qui me faisait toujours replonger, c'était une amie qui prétendait que la "vraie" voyance existait, qu'elle avait rencontré une voyante extraordinaire qui l'avait éclairé sur son avenir. Bref, à chaque fois, je me disais que le prochain serait le bon...
Le dernier consulté a failli me faire faire une erreur catastrophique pour ma carrière professionnelle. Je ne dois mon poste actuel qu'au fait de ne pas l'avoir écouté. A partir de cet instant, j'ai décidé de ne plus jamais consulter et je m'y suis tenu. L'amie dont je parlais m'a emmené récemment à une consultation publique de médiums spirites. Je n'ai pas participé et n'ai posé aucune question.
Me sentant coupable d'avoir consulté et donc manqué de confiance en Dieu, je me suis confessé mais il reste en moi un sentiment de culpabilité. Lorsque je me suis aperçu que certains voyants m'avaient raconté n'importe quoi et que j'en ai eu la preuve matérielle, je leur ai demandé de me rembourser sous peine de procès. Certains l'ont fait, d'autres non mais cela a fait naître en moi la crainte de "représailles".
Que faut-il faire pour être définitivement "délié" ?
Je me suis complètement détourné de la voyance, je ne me suis pas complètement détourné de l'astrologie (cf. mon message sur ce sujet) car ma curiosité intellectuelle m'a permis de voir quelles étaient les incohérences et les limites du système - mais ausi de constater que tout n'était pas absurde, je cherche donc toujours à comprendre.
Autre problème: l'amie qui m'a fait tomber ds le piège de la voyance est mon amie la plus proche. Je n'ai pas psychologiquement le courage de la laisser tomber. Question: peut-on fréquenter sans danger quelqu'un comme ça (qui tire les cartes etc.) ? Nous évitons aujourd'hui, elle et moi, d'aborder le sujet de l'ésotérisme car c'est un dialogue de sourds. Je ne me sens pas en danger dans la mesure où j'ai expérimenté par moi-même l'ineptie de la voyance, elle n'a donc aucune chance de me convaincre. Je me suis éloigné d'elle mais je ne me vois pas mettre un terme à notre amitié.
Ce qui me gêne le plus, c'est ce sentiment de culpabilité, ce sentiment d'avoir fait, en consultant, quelque chose que je n'aurais pas dû faire, que je regrette mais j'ai beau confesser que je le regrette, je me sens toujours coupable... Comment effacer ce qui est advenu ?
Merci de vos conseils.
benoît
voyance
-
P.Joseph-Marie
Re: voyance
Je crois que ce que vous vivez est parfaitement cohérent. Je ne prétend pas dire le dernier mot sur le cheminement que vous me décrivez : ce serait une présomption stupide ; mais simplement vous proposer un éclairage possible.
Le fait de recourir à la voyance prouve que vous n’êtes pas vraiment en confiance avec Dieu ; ou du moins qu’il y a des obstacles à la pleine confiance. Maintenant que vous avez abandonné ces pratiques, vous vous trouvez coupable sous le regard de ce Dieu qui n’a pas pour vous un visage de providence et de miséricorde.
La culpabilité est un sentiment psychologique morbide, qui surgit de la conscience d’avoir été pris en défaut par rapport à la loi ; la contrition, elle, jaillit de la rencontre avec Jésus-Christ, qui me révèle le Dieu de miséricorde.
La psychologie nous apprend que la loi intériorisée peut devenir un « Surmoi » redoutable, qui dans certains cas, tend à s’identifier à Dieu lui-même. Un Dieu qui bien sûr n’a plus rien à voir avec la Révélation judéo-chrétienne, mais qui est plutôt un tortionnaire redoutable, exigeant, vindicatif, punisseur.
Il se pourrait bien que ce soit cette instance psychologique à laquelle vous ayez essayé d’échapper en consultant les cartomanciennes, et sous le joug de laquelle vous retombez, maintenant que vous avez expérimenté la vanité de ces mancies.
Je crois que le « salut » est en Jésus-Christ : dans une rencontre avec la Personne du Verbe fait chair pour nous libérer de nos aliénations, y compris psychologiques, et nous conduire sur notre terre de liberté, c'est-à-dire faire de nous des fils et des filles de Dieu son Père.
Le fait de recourir à la voyance prouve que vous n’êtes pas vraiment en confiance avec Dieu ; ou du moins qu’il y a des obstacles à la pleine confiance. Maintenant que vous avez abandonné ces pratiques, vous vous trouvez coupable sous le regard de ce Dieu qui n’a pas pour vous un visage de providence et de miséricorde.
La culpabilité est un sentiment psychologique morbide, qui surgit de la conscience d’avoir été pris en défaut par rapport à la loi ; la contrition, elle, jaillit de la rencontre avec Jésus-Christ, qui me révèle le Dieu de miséricorde.
La psychologie nous apprend que la loi intériorisée peut devenir un « Surmoi » redoutable, qui dans certains cas, tend à s’identifier à Dieu lui-même. Un Dieu qui bien sûr n’a plus rien à voir avec la Révélation judéo-chrétienne, mais qui est plutôt un tortionnaire redoutable, exigeant, vindicatif, punisseur.
Il se pourrait bien que ce soit cette instance psychologique à laquelle vous ayez essayé d’échapper en consultant les cartomanciennes, et sous le joug de laquelle vous retombez, maintenant que vous avez expérimenté la vanité de ces mancies.
Je crois que le « salut » est en Jésus-Christ : dans une rencontre avec la Personne du Verbe fait chair pour nous libérer de nos aliénations, y compris psychologiques, et nous conduire sur notre terre de liberté, c'est-à-dire faire de nous des fils et des filles de Dieu son Père.
-
benoît
Re: voyance
Mon Père,
Merci beaucoup pour cette réponse très fine. Vous avez entièrement raison ds votre analyse de la culpabilité mais c'est une amie chrétienne qui a entretenu ce sentiment de culpabilité en me disant que tout contact avec des voyants vous "liait", parfois même selon elle de génération en génération, les fautes des pères retombant sur les fils. C'est pourquoi malgré la contrition, il y a toujours ce sentiment que peut-être des liens subsistent à mon insu. Cela semble un peu parano mais comment peut-on avoir l'assurance d'être délivré de tout lien involontaire ?
benoît
Merci beaucoup pour cette réponse très fine. Vous avez entièrement raison ds votre analyse de la culpabilité mais c'est une amie chrétienne qui a entretenu ce sentiment de culpabilité en me disant que tout contact avec des voyants vous "liait", parfois même selon elle de génération en génération, les fautes des pères retombant sur les fils. C'est pourquoi malgré la contrition, il y a toujours ce sentiment que peut-être des liens subsistent à mon insu. Cela semble un peu parano mais comment peut-on avoir l'assurance d'être délivré de tout lien involontaire ?
benoît
-
P.Joseph-Marie
Re: voyance
Ma réponse peut paraître un peu « courte », mais elle ne l’est vraiment pas, même si quelques mots suffisent pour la formuler : je crois que c’est par un acte de foi que nous pouvons être libérés de nos culpabilités. Mais un acte de foi que nous aurons sans doute à répéter autant de foi que la culpabilité ressurgit ! Un acte de foi en la miséricorde infinie de Dieu pour moi, plus puissante que tout ce qui m’aliène de ma liberté filiale.
Je suis très frappé dans l’Evangile de la femme adultère, que lorsque les accusateurs se sont éloignés les uns après les autres, Saint Jean mentionne : « et Jésus fut laissé seul, avec la femme toujours là au milieu » (Jn 8, 9). On est tenté de demander : au milieu de quoi ? Auparavant, la femme était effectivement au milieu du cercle de ses accusateurs, physiquement présents. Mais maintenant qu’ils sont partis, de quel « cercle » s’agit-il ? On ne trace pas un cercle mais une droite entre deux points, je veux dire entre Jésus et la femme. A moins que la femme ne soit toujours enfermée dans le cercle de ses culpabilités morbides, dont Notre-Seigneur veut également la délivrer : « Jésus lui dit : “Femme, où sont-ils ? Personne ne t'a condamnée ?” Elle dit : “Personne, Seigneur”. Alors Jésus dit : “Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus” ».
Je suis très frappé dans l’Evangile de la femme adultère, que lorsque les accusateurs se sont éloignés les uns après les autres, Saint Jean mentionne : « et Jésus fut laissé seul, avec la femme toujours là au milieu » (Jn 8, 9). On est tenté de demander : au milieu de quoi ? Auparavant, la femme était effectivement au milieu du cercle de ses accusateurs, physiquement présents. Mais maintenant qu’ils sont partis, de quel « cercle » s’agit-il ? On ne trace pas un cercle mais une droite entre deux points, je veux dire entre Jésus et la femme. A moins que la femme ne soit toujours enfermée dans le cercle de ses culpabilités morbides, dont Notre-Seigneur veut également la délivrer : « Jésus lui dit : “Femme, où sont-ils ? Personne ne t'a condamnée ?” Elle dit : “Personne, Seigneur”. Alors Jésus dit : “Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus” ».
-
benoît
Re: voyance
Merci de cette réponse rassurante. J'avais peur de devoir passer par je ne sais quel rite de purification plus ou moins traumatisant. J'avais même pensé -cela peut paraître absurde- à un exorciste. La voie que vous indiquez est nettement plus simple. Merci de ces paroles.
benoît
benoît