autisme et communication facilitée

P. Joseph-Marie
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Enregistré le : lun. 29 sept. 2003 13:16

Message par P. Joseph-Marie »

Un très grand merci : je vais commencer par chercher dans les articles que l'on peut consulter sur le site, si je trouve réponse à mes questions.

Geneviève

Communication facilitée/psychophanie

Message par Geneviève »

Bonjour père,

Je reviens sur ce site pour apporter des précisions complémentaires sur la communication facilitée. Avec quelques mois de recul, il s'avère que les fruits ne sont pas toujours aussi bons pour tout le monde. Certaines personnes non mutiques disent qu'elles ont été terriblement bousculées par leurs écrits et même très perturbées, déstabilisées. D'autres disent souffrir à chaque fois qu'elles relisent leurs écrits. Elles ne contestent pas la véracité de leurs écrits sauf sur quelques points dont elles ne comprennent pas la signification et sur le vocabulaire employé qui ne leur correspond pas toujours.
Que penser de cela ?
Comment expliquer que notre inconscient passe par la pensée et la main d'une autre personne sans envisager la télépathie d'autant plus que la facilitante reconnaît qu'elle peut tout à fait procéder par téléphone ou même à distance sans la machine ?

Ne s'agit-il pas de médiumnité ?

P. Joseph-Marie
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Message par P. Joseph-Marie »

Je suis loin d’être au terme de ma recherche sur la CF (communication facilitée) ; ma réponse ne prétend pas être un discernement définitif. Mais vu la divulgation rapide de cette méthode, et les énormes espérances qui s’y rattachent, il faut sans doute risquer un début d’évaluation.
Donnez la parole à des enfants (ou des adultes) emmurés dans le silence est un rêve fou que la CF semble rendre possible. La méthode me semble passer par une mise en fusion du corps astral du facilitant (l’accompagnateur) et du facilité (le patient). Le facilitant se met en quelque sorte en état de médiumnité, enveloppe le facilité de son corps astral, de manière à ce que le facilité puisse entrer en contact astral avec lui. Par contact astral il faut entendre une communion affective, faite de partage de sentiments et d’émotions. Le facilité, qui en raison de déficiences neurophysiologiques, est incapable d’exprimer ses sentiments à travers son corps dont il ne dispose pas librement, va passer par le corps astral du facilitant pour puiser « dans sa tête » les mots qui expriment ses sentiments ; puis, toujours par l’intermédiaire du corps astral du facilitant, il va réussir la prouesse de les taper sur un clavier dont il ne s’est jamais servi, et qu’il ne regarde même pas. Inutile : il suffit que le facilitant le connaisse. Certains facilitant frappent même ce que le facilité leur « dicte » intérieurement sans que le facilité n’intervienne physiquement. Le corps astral s’étendant facilement au loin contrairement au corps physique qui est confiné spatialement, il est en effet possible d’exercer ce service à distance, par exemple par téléphone.
L’explication que je propose nous propulse en plein occultisme ! Mais précisément j’espérais que nous aurions enfin une méthode qui permette d’agir au niveau du corps astral sans interférence avec des entités de mauvais alois. La CF correspondrait à une sorte de mise en partage du corps astral du facilitant, partage pleinement maîtrisé et permettant au facilité d’accéder à une authentique communication.
Hélas, des témoignages récents m’obligent à la plus grande prudence. J’ai entendu plusieurs cas où durant la pratique, ce n’est plus le facilité qui communique, mais un parent défunt (du facilité) qui vient interférer dans l’échange ! On pourrait croire à un jeu inconscient du facilité, ou un délire temporaire, ou à toute autre explication ; mais il est des cas troublants où le message communique des informations (confirmées) sur le défunt que le facilité ne pouvait en aucune manière connaître avant de les apprendre durant la séance. Tout cela ressemble étrangement à du spiritisme, c'est-à-dire de la nécromancie. Nous savons que les soi-disant esprits des défunts sont en fait des entités astrales travesties qui profitent de la crédulité des hommes en quête d’information sur l’au-delà. L’union intentionnellement du facilitant au corps émotionnel (= astral) du facilité, aurait-elle provoqué l’ouverture au monde astral, avec toutes les conséquences négatives (ou du moins les dangers) qui s’en suivent ? Ce n’est hélas pas impossible. Mais il est certain qu’en tant que chrétien, la plus grande prudence s’impose.
Je vous avoue que je suis amèrement déçu ! :cry: J’espérais sincèrement que ce contact permettrait d’ouvrir la porte de la communication à tant d’enfants et d’adultes autistes, mais aussi à des accidentés murés dans le silence, voire à des personnes âgées ne parvenant plus à s’exprimer en toute liberté…

Geneviève

Communication facilitée/psychophanie

Message par Geneviève »

Bonjour mon Père,

Il y a tout de même quelque chose qui me pose question dans cette méthode, du moins dans la façon dont moi-même, mon mari et même nos enfants l’avons pratiquée au début, c’est-à-dire dans les 3 premières séances. Il est évident qu’elle permet de libérer ce qui encombre et fait souffrir dans l’inconscient. C’est un peu comme le bouchon d’une cocotte minute et la vapeur qui s’échappe subitement et avec force.
Cela peut énormément bousculer la personne d’une part si elle n’est pas prête à entendre ce qui sort de son inconscient et d’autre part si elle n’est pas accompagnée psychologiquement. Je pense même qu’un accompagnement et un discernement spirituel, peut-être même communautaire, sont indispensables car cela touche, non pas au cœur profond qui reste inviolable puisque c’est le temple de Dieu mais à l’inconscient où sont enfouies tous les ressentis, toutes les joies mais aussi et surtout toutes les blessures qui nécessitent un chemin de guérison intérieure et une intervention divine.
La méthode n’est qu’une technique et rien que cela même si elle pourrait être utilisée (ce qui reste à discerner compte tenu des dangers et dérives possibles) comme un outil sur des chemins de pardon, de guérison et de conversion.
Il ne s’agit absolument pas d’un charisme qui se reçoit de Dieu et dont l’homme n’a pas la maîtrise mais d’une méthode qui fait intervenir la volonté humaine Je crains, qu’à ce niveau, il puisse y avoir confusion et donc des dérives.
Il ne faut pas oublier non plus que le facilitant a, par cette méthode, un réel pouvoir sur le facilité même s’il ne le veut pas ou s’en défend.
Dans les écrits d’ailleurs, le vocabulaire et les expressions du facilitant sont très présents et pourquoi pas aussi ses ressentis, fantasmes et même ses propres blessures non guéries ?
Il me semble que dès qu’il y a intervention humaine, ce risque existe comme dans la psychologie et la psychanalyse d’ailleurs qui sont pourtant mieux définies, cernées et contrôlées, à raison de plus dans cette méthode où les facilitants refusent tout contrôle arguant que ceux-ci troubleraient le bon fonctionnement de la méthode.
Je suis tout aussi déçue que vous de voir que ce nouvel outil est actuellement récupéré et je m’en remets à votre discernement pour savoir s’il peut en être un jour autrement.
Merci de votre précieux éclairage.

Geneviève.

P. Joseph-Marie
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Message par P. Joseph-Marie »

Je vous remercie de pousser plus loin le dialogue. Vous abordez plusieurs autres aspects, dont un psychologique, qui me laisse également perplexe ; à savoir : est-il juste et bon de faire parler l’inconscient, et surtout d’entendre ce qu’il dit sans préparation ? Spontanément je répondrais par la négative, car si nous avons refoulé dans notre inconscient certaines informations, c’est précisément parce que nous ne supportions plus de les avoir sans cesse devant les yeux. Certes tout travail psychologique tend à faire ressurgir à la conscience toutes les souffrances qui demeurent cachées au fond de nous-même d’où elles influencent nos comportements. Mais cette mise à jour se fait progressivement, de manière à pouvoir intégrer les prises de conscience douloureuses dans notre vie présente sans provoquer de nouveau traumatisme. Je reste donc sceptique devant des méthodes – il y en a d’autres sur le marché aujourd’hui – qui « font parler » l’inconscient, soit en direct, soit par l’intermédiaire du corps, qui a effectivement enregistré toutes les informations de notre vie passée. Ne courons-nous pas le risque, d’une violence qui ne respecte pas le cheminement de la personne ? Mais qui ne me semblent pas correspondre à l’action pleine de patience et de délicatesse de l’Esprit.
Ce qui nous conduit à un autre point de votre question. Il est évident que la CF n’a rien à voir avec un charisme ! Toute confusion risquerait de nous entraîner dans de graves déviances. Dans le charisme, l’Esprit sollicite un membre d’une communauté et lui confie un ministère en vue de l’édification de l’assemblée. La personne n’est jamais « propriétaire » de son charisme et ne peut l’utiliser à souhait : elle est totalement dépendante de l’initiative divine. Il ne saurait entrer aucun aspect ou aucune composante « techniques » dans un charisme. Or la CF est précisément une technique visant à faciliter - comme son nom l’indique - la communication entre deux personnes humaines, et non entre le facilité et l’Esprit Saint - celui-ci n’a heureusement pas besoin de ces moyens humains pour communiquer avec nous. La confusion serait d’autant plus grave vu le caractère un peu mystérieux de la CF : on en viendrait vite à croire que Dieu lui-même parle « en direct » derrière les (parfois étonnantes) paroles « tapées » par une personne plongée dans un profond mutisme. Il me semble donc prudent de ne pas utiliser la CF dans un contexte charismatique, ou tout simplement religieux. D’autant plus après les réserves que nous avons émises dans notre précédente intervention.
Enfin votre troisième point est évidemment lui aussi important : à savoir la question des possibles interférences entre l’inconscient - voire le conscient - du facilitant et le facilité. Il faut préciser cependant que les promoteurs de la méthode en sont pleinement conscients, et reconnaissent que ce qui est « frappé » doit être « validé » par le facilité ou son entourage, afin précisément de trier ce qui pourrait ressortir du facilitant. Mais qui nous garantit que le filtrage est efficace ? Comment départager ce qui vient de l’un et de l’autre lorsque facilitant et facilité sont ainsi en communion - confusion ? - astrale ?

Verrouillé