on retrouve bien souvent dans les débats un espèce de conflit entre esprit et matière. Mais sait-on exactement de quoi parle-t-on Si on se place du point de vue de Dieu comment définir la matière? Peut-on réelement le faire, même d'un autre point de vue?
Que penser de cette phrase lue récemment dans un livre à tendance philosophie orientale: "la matière est le lieu de la Révélation" Peut-on l'appliquer dans le cadre de la foi catholique?
La matière se définit effectivement différemment selon le système philosophique auquel vous vous adressez. Pour répondre à votre question, il faudrait traverser toute l’histoire de la philosophie, en s’arrêtant aux principales écoles pour étudier leur vision particulière.
Il est certain que la matière chez Platon (la chora, du quasi non-être) n’est pas la « substance étendue » de Descartes, ni l’objectivation de l’idée que l’on trouve chez Hegel.
Pour l’ésotérisme, dans la ligne du néo-platonisme, elle serait l’ultime cristallisation de la pure énergie divine ; mais par le fait même elle serait encore divine, elle serait une modalité de l’Esprit et ne s’en différencierait que pas sa densité.
Pour la tradition judéo-chrétienne, la matière ne saurait en aucun cas se confondre avec Dieu, ni avec une cristallisation de l’être divin aux confins du néant. Le Créateur la tire du néant nous dit le livre des Maccabées, signifiant par là que Dieu ne la tire ni de lui-même, ni d’une source préexistante, mais qu’il la suscite par la puissance de son Verbe créateur.
Je ne dirais pas que « la matière est le lieu de la Révélation », mais l’histoire ; l’histoire concrète d’esprits incarnés (les hommes), qui sont engagés dans un monde matériel.
Je souligne la suréminente dignité acquise par la matière, par l’incarnation du Verbe et par sa résurrection glorieuse. Elle est donc appelée à participer à la gloire du Royaume sous une modalité dont nous avons un pressentiment dans la transfiguration de Notre-Seigneur et dans sa résurrection.
vous avez dit: "Je ne dirais pas que « la matière est le lieu de la Révélation », mais l’histoire ; l’histoire concrète d’esprits incarnés (les hommes), qui sont engagés dans un monde matériel".
Peut-on se risquer à dire que la matière est l'histoire :?: [/list]
Surtout pas ! Nous ne parlons d’histoire que lorsque apparaît l’homme, c'est-à-dire un être qui n’est pas seulement assujetti à des déterminismes naturels – liés à la matière et à ses lois - mais aussi capable de liberté. C’est plutôt l’irruption de l’esprit au cœur de la matière qui légitime l’usage du terme histoire.