paradoxe

Verrouillé
Julien

paradoxe

Message par Julien »

En parcourant le forum, un détail m'a intrigué : à plusieurs reprises, vous écrivez, Père Joseph-Marie, que nos contemporains vivent dans un étrange paradoxe. D'un côté, ils prônent la primauté de la raison, de la logique, de la science (même la laïcité doit repousser toujours plus loin la religion dans l'exiguïté de l'intimité de chacun). De l'autre côté, les gourous en tout genre prolifèrent, les cartomanciennes et autres astrologues ont pignon sur rue, le yoga et autres techniques occultes ont très bonne presse, etc (il suffit de piocher dans tous les thèmes du forum).
Pourquoi? Est-ce nouveau dans l'histoire de l'humanité? Que se passe-t-il donc dans la tête de nos concitoyens?

P. Joseph-Marie
Messages : 1010
Enregistré le : lun. 29 sept. 2003 13:16

Message par P. Joseph-Marie »

Je crois qu’on a tout simplement cru pouvoir amputer la nature humaine d’une de ses dimensions essentielles, à savoir l’ouverture sur la Transcendance, c'est-à-dire l’esprit. Le rationalisme a prétendu tout pouvoir expliquer, et n’avoir dès lors plus aucun besoin d’une Révélation divine. Dieu devient le grand absent de notre culture, je veux dire le Dieu transcendant, personnel, créateur. Il est remplacé soit par le divin immanent, impersonnel, énergétique du panthéisme et de tous les naturalismes ; soit par le Dieu « grand horloger » : le fameux déisme de Voltaire, c'est-à-dire un dieu lointain, anonyme, avec lequel l’homme n’a aucune relation.
Dans les deux cas, nous sommes privés de toute relation personnelle avec la Transcendance, et nous sommes en manque : nous portons en nous une profonde nostalgie de notre origine en Dieu, et nous languissons vers cette Source de la vie. Comme la route vers lui par le chemin de la Révélation nous est coupée en ces temps de mépris pour l’Eglise, il ne reste à nos contemporains pas d’autre solution que d’inventer, « à la carte », des bricolages religieux en tout genre pour essayer d’étancher leur soif. C’est dans ce contexte que l’on confond les états de conscience modifiés avec l’état de grâce ; ou pour le dire autrement : à défaut d’ouverture sur la Transcendance de Dieu, on se contente d’ouverture aux énergies immanentes de ce monde.

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