Mardi 25 septembre, nous recevions à Saint-Joseph de Mont-Rouge les représentants du Ministère de la Justice afin de signer une convention permettant d’embaucher des détenus en fin de peine sur le chantier du monastère.

Dans son discours de bienvenue, le père Joseph-Marie Verlinde a rappelé les circonstances de la collaboration avec le Ministère de la Justice. Lors d’un salon du MEDEF où nous tentions d’intéresser quelques chefs d’entreprise au projet de construction du monastère, « M. Christophe Usanos nous a fait découvrir tout ce que le Ministère de la Justice a progressivement mis en place pour l’accompagnement des détenus et pour favoriser leur future réinsertion sociale. J’avoue que j’étais à la fois très surpris et édifié. », reconnaissait le père Joseph-Marie. Il est vrai que les critiques sont nombreux à souligner les imperfections et les manquements des établissements pénitentiaires, alors qu’on entend moins fréquemment vanter les efforts pour éviter les récidives et favoriser la réintégration des personnes issues du milieu carcéral. « On ne peut que regretter ce déficit d’information, et en tout cas ici à Mont-Rouge nous ne perdons pas une occasion pour rectifier le tir et promouvoir un autre regard sur ces services. D’autant plus que nous avons pu apprécier la qualité du travail des services avec lesquels nous avons été amenés à collaborer dans le cadre de l’accueil des TIG, ici sur la colline. » continuait-il.

Il est vrai que depuis le début du projet, nous avons collaboré avec bien des organismes : le service de travail emploi, le service de réinsertion, le service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP), le pôle emploi, le plan local, la maison de l’emploi, la mission locale d’insertion, etc. Partout, nous avons rencontré des hommes et des femmes passionnés par leur travail et tout dévoués à l’avenir de la population carcérale. Participer, pour notre part, à ce mouvement de solidarité au service des moins chanceux fut édifiant. Le père Joseph-Marie rappelait encore que « le Pape Benoît XVI disait dans sa Lettre encyclique sur la doctrine sociale de l’Église, que pour redonner un visage humain à notre société, il faut oser vivre la fraternité. » et de conclure : « Comment n’entendrions-nous pas cet appel en France, où la fraternité est une des trois valeurs de référence de la République, celle qui résonne même comme l’accomplissement des deux autres : la liberté de l’égalité ? Il ne peut y avoir de véritable égalité de chances pour tous, que là où nous osons vivre la fraternité, avant tout avec les moins favorisés, pour les aider à bien gérer leur liberté. »

Que des moines collaborent avec le Ministère à ce travail d’insertion ne constitue-t-il pas « une belle application de la laïcité bien comprise, au service de l’espérance commune d’un monde meilleur ? », interrogeait encore le père Joseph-Marie. Indéniablement, « lorsque le bien des personnes est en cause, notre conscience d’homme ou de femme nous dicte de collaborer, de promouvoir ensemble des actions concrètes — peu importe que nous nous engagions au nom de la solidarité ou de la charité » disait-il encore.

Le Monastère a ainsi décidé, en tant que maître d’ouvrage, que les entreprises choisies pour travailler sur le chantier de construction devront accepter d’embaucher des détenus en fin de peine, à l’exemple de M. Jean-François Perez de JFP-Construction qui a accepté avec enthousiasme d’être le premier entrepreneur à signer cet accord.

Puisse cette collaboration permettre aux personnes qui profiteront de ces mesures de trouver à Mont-Rouge un environnement professionnel et humain qui leur permette de réussir leur réinsertion dans la vie sociale.

Famille de Saint Joseph
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