« La foi est force. C’est la force de tenir tête à la folie et au chaos du monde physique, en maintenant que rien d’extérieur à vous-même ne possède une quelconque autorité sur ce qui le ciel a prévu pour vous.

La foi est la force d’accepter la nature de la vie telle qu’elle est, et d’abandonner la tâche vaine et insensée de vouloir arrêter le changement de nous atteindre. »

Carolyn MYSS

Nous citons ces quelques lignes comme exemple d’une interprétation réductrice de la foi, ramenée à une confiance en soi, plus forte que les épreuves de la vie et capable d’affronter les changements incessants auxquels nous sommes inévitablement confrontés.

Loin de nous de mépriser cette force psychique qui permet d’affronter les défis de la vie sans se laisser écraser par les circonstances déconcertantes qui ne manquent pas de survenir. Nous voulons seulement souligner que ceci n’a rien à voir avec la foi au sens chrétien du terme, c’est-à-dire la foi théologale qui donne accès au salut.

L’auteur, Carolyn Myss, a développé une approche dans laquelle elle établit un lien entre les chakras et les états psychiques, dans le but très louable d’aider les personnes à retrouver une certaine autonomie par rapport aux événements traumatisants du passé, et à affronter ainsi plus librement les défis du présent.

Cependant, ce qui caractérise ce genre de démarche, c’est la prétention de l’homme à se libérer par ses propres forces des liens de son passé, et d’accéder par un travail psycho-énergétique, à la disposition de son plein potentiel humain. Dans le contexte énergétique qui est celui de notre auteur, emprunté à la tradition de l’hindouisme tantrique, ce plein potentiel humain coïncide avec la découverte par la personne de sa nature divine immanente. Ainsi ce qui n’est au départ qu’un effort de libération psychique, devient une voie de spiritualité sur laquelle l’homme s’avance seul, développant la foi en ses propres potentialités infinies, puisqu’il est par nature divin.

La foi chrétienne tout au contraire, est essentiellement dialogale ; elle est don de Dieu, qui dans l’Esprit, nous offre d’entrer en relation avec lui par son Fils. Notre confiance en tant que croyant n’est pas fondée sur nous-mêmes, mais sur la fidélité de Dieu, qui s’est engagé par sa Parole à nous libérer de tout ce qui nous aliène, à commencer par le péché, pour nous introduire dans la liberté des fils. Plutôt que de nous centrer sur nous-mêmes et sur un programme d’auto-guérison, la foi véritable nous pousse à abandonner notre passé à la Miséricorde, notre présent à la Providence, et à nous jeter tout entiers dans la construction du Royaume. La foi théologale, nous dit Saint Paul, est « agissante par la charité » (Ga 5,6), elle nous pousse à sortir de nous-mêmes et à travailler en synergie avec la grâce, afin d’étendre le Règne de Dieu en nous mettant au service de nos frères, en particuliers les plus démunis.

La foi est une force, certes, mais une force surnaturelle, qui loin d’accepter le monde tel qu’il est, le transforme dans la puissance de l’Esprit de Jésus-Christ, qui depuis la Résurrection et la Pentecôte, brûle au cœur de l’Eglise comme un Feu.