Famille de Saint Joseph

Les ĂȘtres du monde occulte

par | 25 janvier 2005

« La magie est la science qui permet Ă  l’homme de commander, non pas Ă  l’invisible, mais Ă  certains ĂȘtres de l’invisible, pour obtenir des rĂ©sultats que les sciences ordinaires sont incapables de procurer.

Mais tandis que le magicien commande aux puissances de l’astral, et agit sous sa responsabilitĂ©, sans autre guide que sa science et sa conscience, le mystique ne se prĂ©occupe que des puissances cĂ©lestes, auxquelles, naturellement, il ne commande pas, mais qu’il prie et dont il obtient les choses les plus merveilleuses.

Quand un magicien digne de ce nom, devient un mystique ; quand il prie et soumet toujours ses Ɠuvres Ă  la direction des puissances cĂ©lestes ; quand il ne se considĂšre que comme un serviteur de Dieu et ne veut disposer de sa science et de sa puissance que pour accomplir les ordres de Dieu, il est un mage ».

F. Rozier, « Magie et sorcellerie », Revue Le Voile d’Isis, juin 1914

Gilbert Louis Ferdinand Rozier (1839- ) se situe dans la mouvance de l’occultisme de Papus et de son Ordre martiniste, de Gaita, de PĂ©ladan et de Barlet. Il est Ă©galement tributaire de l’influence d’Eliphas LĂ©vi et de H.P.Blavatsky.

L’extrait de cet auteur reconnu dans le milieu Ă©sotĂ©ro-occulte est intĂ©ressant Ă  plus d’un titre. Il reconnaĂźt d’abord explicitement que l’efficacitĂ© de la magie est Ă  attribuer Ă  l’intervention d’« ĂȘtres invisibles » dont le magicien a rĂ©ussi Ă  se faire des collaborateurs. La parole « commander » suggĂšre mĂȘme une certaine subordination de ces entitĂ©s au magicien. Cette domination est obtenue prĂ©cisĂ©ment par les pratiques magiques, qui ne visent pas Ă  l’obtention immĂ©diate d’un rĂ©sultat, mais Ă  l’invocation d’esprits capables d’obtenir l’effet voulu par leur maĂźtrise des plans occultes.

Domination toute apparente car rien n’est gratuit dans les Ă©changes avec ces mondes parallĂšles, et les dits esprits savent revendiquer leur dĂ».

Pour F. Rozier, il y aurait Ă©galement continuitĂ© entre la magie et la mystique : il suffirait de s’élever Ă  des plans Ă©nergĂ©tiques supĂ©rieurs – et donc entrer en contact avec les entitĂ©s correspondantes – pour passer de la simple magie Ă  la thĂ©urgie. Si le magicien travaille en commandant Ă  des entitĂ©s astrales, le mage lui est soumis Ă  des « puissances cĂ©lestes », qui lui permettraient de mettre sa puissance au service des ordres divins. L’aliĂ©nation est donc de plus en plus explicite, et d’autant plus redoutable qu’elle est librement consentie, sous des aspects de mysticisme.

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