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Artisanat monastique

Cagliostro l’immortel

« Je ne suis d’aucune époque ni d’aucun lieu ; en dehors du temps et de l’espace, mon être spirituel vit son éternelle existence, et, si je plonge dans ma pensée en remontant le cours des âges, si j’étends mon esprit vers un mode d’existence éloigné de celui que vous percevez, je deviens celui que je désire. Participant consciemment à l’Etre absolu, je règle mon action selon le milieu qui m’entoure. Mon nom est celui de ma fonction, et je le choisis, ainsi que ma fonction, parce que je suis libre ; mon pays est celui où je fixe momentanément mes pas. Dites-vous d’hier, si vous le vouez, en vous rehaussant d’années vécues par des ancêtres qui vous furent étrangers ; ou de demain, par l’orgueil illusoire d’une grandeur qui ne sera peut-être jamais la vôtre ; moi, je suis celui qui est. Mon nom, celui qui est à moi et de moi, celui que j’ai choisi pour paraître au milieu de vous, voilà celui qu’on m’a donné dans ma jeunesse, ceux sous lesquels, en d’autres temps et lieux, je fus connu, je les ai laissés, comme j’aurais laissé des vêtements démodés et désormais inutiles. »

A. Cagliostro

Ainsi s’exprime Giuseppe Balsamo, dit Alexandre comte de Cagliostro (1743-1795). Dans ce discours, le Maître se présente à ses disciples comme un Immortel ayant vaincu la mort, dernière étape de la transformation alchimique. S’étant immergé parfaitement dans la Force universelle qui régit l’ensemble de la manifestation, il aurait par le fait même épousé la Vie universelle, et sur lui la mort n’aurait plus d’emprise. Disposant à sa guise de tous les plans de l’univers, il prétend pouvoir devenir ce qu’il veut et qui il veut ; transcendant le temps et l’espace, il ne serait plus conditionné par ces limitations spatio-temporelles. Il serait omniprésent, éternel et tout-puissant ; en un mot : il serait Dieu. Ou plutôt il aurait réalisé pleinement le divin qu’il prétend avoir toujours été mais auquel il s’est identifié progressivement par la pratique théurgique qui lui a permis de mener à bien son parcours évolutif.

L’alchimie se dévoile ici comme une doctrine du « Surhomme » : elle vise à la reconquête de l’état glorieux d’Adam avant sa chute, entendons avant le commencement de son involution dans la matière opaque.

La doctrine se présente dans un vocabulaire emprunté à la tradition chrétienne, parlant de corps « glorieux, spirituel », et de la pierre philosophale comme de la « médecine d’immortalité », terme par lequel les Pères de l’Eglise désignaient l’Eucharistie.

Dans le même ordre d’idée, Samael Aun Weor affirme que « tout initié qui reçoit l’Elixir de Longue Vie meurt mais ne meurt pas. Tous ceux qui reçoivent l’Elixir de Longue Vie s’échappent avec leur corps physique le troisième jour et conservent leur corps physique durant des millions d’années » (Le livre jaune).

L’alchimie se présente ainsi explicitement comme la réalisation du programme chrétien préfiguré par le Christ. Sauf bien sûr que ce programme, l’alchimiste prétend le réaliser par ses propres forces, sans le secours ni du Christ Sauveur, ni de la grâce de l’Esprit Saint. Il n’a d’ailleurs pas besoin de salut à proprement parler : il lui suffit de lever le voile de son ignorance concernant sa véritable nature. Pour cela, une gnose adaptée et les initiations correspondantes suffisent largement.

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